Début 2015, la Deutsche Bahn annonçait qu'elle allait multiplier par quatre, d'ici fin 2016, son offre de lignes d'autocars longue distance (25 lignes et 250 dessertes à l'époque). Trois mois avant cette date, l'opérateur ferroviaire vient d'annoncer, dans un communiqué, qu'il jette l'éponge et supprime sa principale filiale d'autocars BLB (Berlin Linien Bus). Sur les 40 lignes opérées par BLB, seules 3 seront reprises par une autre filiale de la DB, IC-bus, qui opère principalement des lignes internationales.

Lassée d'essuyer des pertes dans un secteur où, depuis son ouverture en 2013, elle n'a jamais gagné d'argent, la DB va se concentrer sur son réseau ferroviaire et les liaisons autocars qui le complètent, pas celles qui le concurrencent.

Ce retrait place Flixbus, qui était déjà leader, dans une position de quasi-monopole avec 90% du marché. La question est maintenant de savoir si ce violent mouvement de concentration touchera aussi le marché français et s'il aura un impact sur le niveau des tarifs, un des moteurs de sa croissance.

Des cinq opérateurs qui se sont lancés en septembre 2015 dans l'Hexagone, un a sombré corps et biens (Megabus) et un autre (Starshipper) s'est marié avec OUIBUS. Et les trois qui restent – OUIBUS, isilines et Flixbus – avouent perdre de l'argent.

Jusqu'à quand ?

Robert Viennet