Le Grand Paris Express (GPE) suit son cours. Le cycle des enquêtes publiques sur les projets de lignes du GPE s’est terminé en juin 2016. À ce jour, les commissions d’enquête ont délivré six avis favorables pour les lignes 14, 15 Sud, 16, 17 et 18. Le dernier rapport concernant la ligne 15 Est sera remis mi-septembre.
 
Ainsi, les déclarations d’utilité publiques (DUP), devraient être toutes prononcées d’ici à la fin du premier trimestre 2017, selon la Société du Grand Paris. C’est déjà le cas pour les lignes 15 Sud (décembre 2014), les lignes 16, 17 Sud et 14 Nord (décembre 2015) et la ligne 14 Sud (juillet 2016). La DUP de la ligne 15 Ouest devrait être prononcée d’ici à la fin de l’année, tandis que celles des lignes 18, 17 Nord et 15 Est devraient l'être d’ici à fin mars 2017.
 
Un GPE bien maîtrisé
 
Après ces phases administratives et les études techniques, place aux travaux préparatoires et aux opérations de génie civil qui vont s’intensifier dans les six prochains mois. "... mi-2017, 14 des 16 gares de
la ligne 15 Sud seront en travaux. Notre engagement est total pour réaliser le Grand Paris Express dans le respect du calendrier, des coûts et des personnes, au premier rang desquelles les riverains", déclare le président du directoire de la Société du Grand Paris (SGP), Philippe Yvin, dans le communiqué.
 
Des déclarations confirmées lors de la conférence de presse de rentrée de la Société du Gand Paris le 15 septembre 2016. "L'ensemble du sujet foncier est maîtrisé : un accord amiable est trouvé pour 98% des parcelles, les expropriations se comptent sur les doigts d'une seule main", a expliqué Philippe Yvin. En particulier, la SGP maintient l'échéance de 2024 pour les tronçons concernant Orly et le CEA (ligne 18) ainsi que Charles-de-Gaulle (ligne 17). Il n'est pas question, pour l'instant, de dérapage des coûts.
 
Des projets financés
 
Satisfait de l'avancée du GPE, Philippe Yvin n'est pas favorable à une fusion Stif-SGP comme le souhaite la présidente de la région Île-de-France et du Stif, Valérie Pécresse. Il considère, en effet, que "le choix du législateur [de créer une société de projet comme cela se fait ailleurs] est le bon : il faut un outil opérationnel spécifique entièrement consacré à cette tâche". C'est, à ses yeux, essentiel pour achever le Grand Paris Express dans les délais, soit en 2030. En revanche, il juge "normal" que le Stif soit associé au projet et puisse faire ses observations.
 
Côté finances, là non plus, Philippe Yvin n'a pas d'inquiétudes. En effet, la Banque européenne d'investissement (BEI) vient de faire savoir à la SGP qu'elle était prête à instruire deux nouveaux prêts pour financer les lignes 15 Sud et 16. La SGP a déjà souscrit un emprunt de 1 milliard d'euros auprès de la BEI, et autant auprès de la Caisse des dépôts. Cela s'ajoute aux 500 millions d'euros par an de recettes fiscales affectées (1) et à l'augmentation de la taxe spéciale d'équipement destinée à financer
la participation de la SGP à Eole qui doit rapporter 20 millions d'euros supplémentaires.
 
Enfin, les appels d'offres pour
le choix du matériel roulant des lignes 15, 16 et 17 sont en cours, les candidats retenus devraient être connus à l'été 2017, a confirmé Philippe Yvin. Un marché total de 2 milliards d'euros avec la ligne 18 qui intéresse tous les constructeurs, et au premier chef Alstom.
 
Florence Guernalec
 
Un "concentré d'innovations"
 
Philippe Yvin a souligné à plusieurs reprises que le chantier du Grand Paris Express était "un concentré d'innovations" à plus d'un titre. Il a notamment cité la valorisation des déblais, le suivi des mouvements des sols par satellite, la géothermie des gares, la conception BIM (modélisation des données du bâtiment) déployée dans les gares qui sera généralisée à l'ensemble du réseau par Egis, la mise en place de nouveaux systèmes d'exploitation pour les métros automatiques...
 
La SGP a, en outre, lancé deux initiatives pour favoriser l'innovation. La première sous forme d'appels à projets. Trois thèmes ont été retenus  : les commerces et services de proximité autour des gares, les conditions de circulation et de stationnement aux abord des chantiers, et la gestion des déblais qui sera lancé au mois d'octobre 2016.

L'autre initiative est un concours de jeunes talents destiné aux étudiants. Les 17 premiers candidats sélectionnés travaillent, depuis le 5 septembre 2016, sur cinq problématiques du GPE : l'espace multiservices dans les gares, le chantier comme vecteur de lien social, les services autour des chantiers, l'open data et les data centers. Aidés et financés par la SGP, Ils doivent proposer des solutions et les expérimenter sur un site du Grand Paris Express dans les prochains mois.

(1) Les recettes fiscales affectées de la SGP sont composées d'une fraction de la taxe locale sur les bureaux en Île-de-France (TSB), de la taxe spéciale d'équipement (TSE), et d'une composante de l'imposition forfaitaire sur les entreprises de réseaux (IFER).