Comment empêcher Alstom de fermer son usine de Belfort ? "En lui apportant des commandes", explique, depuis deux jours, François Hollande. Mais lesquelles ? Lors d'une réunion avec la presse, le 13 septembre 2016, Alain Vidalies a indiqué les pistes qui s'offrent à Alstom.

Pour le secrétaire d'Etat aux Transports, le site de Belfort est confronté à un problème conjoncturel, un "trou d'air" dans ses commandes. Entre fin 2017 et 2022, année du lancement du TGV du futur, le plan de charge de l'usine est à zéro. Pour maintenir l'activité du site pendant ces quatre ans, Alain Vidalies compte notamment sur "des dossiers non soumis à appel d'offres qui font l'objet de discussions directes entre opérateurs et constructeurs".

Ainsi, la SNCF discute depuis plusieurs semaines avec Alstom pour un marché de 12 trains destinés à équiper la ligne Paris-Turin-Milan et estimé à 200 millions d'euros. Selon le secrétaire d'Etat chargé des Transports, les discussions qui ont achoppé jusque-là sur le prix (le différentiel serait d'environ 10%) devraient reprendre et sans doute aboutir puisque, comme il le répète à l'envi, "la SNCF c'est moi". Cette commande assurerait un an de production de l'usine de Belfort, soit environ jusqu'à la fin 2019.

Autre piste de court terme qui pourrait rallonger le plan de charge d'une année supplémentaire, la RATP vient de lancer un appel d'offres pour l'achat de 12 locotracteurs de chantier et serait en discussion avec Alstom.

Pour le reste, Alain Vidalie évoque la commande de 33 trains d'équilibre du territoire (TET) que l'Etat va passer prochainement à Alstom,
le futur appel d'offres d'1 milliard d'euros concernant toujours les TET et le méga appel d'offres de 3,5 milliards du Syndicat des transports d'Île-de-France pour les RER. Seul bémol, ces deux derniers marchés sont soumis à des appels d'offres internationaux. Surtout, ils ne pourront pas concerner l'usine de Belfort spécialisée dans la fabrication de locomotives.

Qu'à cela ne tienne, pour Alain vidalies, qui assène que "sur un groupe de 9.000, à partir du moment où on amène des commandes au groupe, on peut aussi discuter de la répartition de l'effort". Pour le secrétaire d'Etat, "on peut penser qu'une partie, au moins pour l'engineering, pourrait être affectée à Belfort. C'est le message qui est envoyé aujourd'hui par le gouvernement, à la fois à Asltom et à ceux qui décident du marché, en l'occurrence l'Île-de-France".
 
Robert Viennet