"La piétonnisation est une idée séduisante. Mais tout est dans la manière de faire", déclare Valérie Pécresse dans une interview au Parisien le 8 septembre 2016 à propos de la fermeture des voies sur berges rive droite. La présidente de la région Île-de-France critique l’absence d’une vraie concertation et de la prise en compte de l’impact de ce projet de la Ville de Paris sur la banlieue. L’élue dit craindre une congestion de la circulation dans la capitale, sur le périphérique et l’A86. Elle redoute également que cela se traduise par des milliers de voyageurs dans des trains Paris-banlieue et des RER déjà saturés. 

Ainsi, Valérie Pécresse annonce la création "d’un comité d'évaluation régional indépendant" dont la présidence sera confiée à "une personnalité réputée dans ce domaine". Ce comité sera chargé "d’analyser les conséquences de la fermeture en matière de pollution de l'air, de trafic et de bruit" sur une année entière afin notamment de prendre en compte les pics de pollution autour des mois de mai et juin.

"Je ne dépenserai pas l'argent que je n'ai pas !"

Autre sujet de discorde avec la maire de Paris, l’ouverture du métro la nuit. A la question du Parisien sur ce projet, la présidente du Stif répond : "Ma priorité est la sécurité, les trains et les RER ! Je ne dépenserai pas l'argent que je n'ai pas  !". L’élue a d’ailleurs prévue un déplacement, le 9 septembre 2016, à la gare RER de Vigneux-sur-Seine pour évoquer la sécurité dans les transports et signer un protocole de financement de la vidéoprotection de la gare routière dans le cadre du "Bouclier de sécurité" de la Région. 

Le Stif doit prochainement remettre un rapport pour évaluer sa faisabilité d’une ouverture la nuit à partir des données fournies par la RATP. L’entourage de la présidente de la région Île-de-France indiquait d’ores et déjà au Figaro que le coût serait de 400 millions d’euros par an pour une ouverture 24h/24 les samedis et dimanches. Et la majorité LR ne manquait pas de rajouter : "Notre urgence, c'est de régler l'ardoise de 300 millions par an du passe Navigo à tarif unique".

Plus de tabous sur la fraude

Enfin, seule la lutte contre la fraude ferait l’objet d’un consensus si l’on en croit Valérie Pécresse : "C'était tabou d'en parler, mais je vois désormais que tous s'y rallient  !" Celle-ci indique, dans cet interview, qu’elle a assigné des objectifs très concrets aux deux opérateurs : 20 millions d’euros de recouvrement d’amendes supplémentaires pour la RATP ; 10 millions pour  la SNCF. Pour y parvenir, celle-ci compte, en particulier, sur la parution du décret issu de la loi Savary qui obligera les voyageurs sans billet à justifier leur identité. Dans son rapport public annuel 2016, la Cour des comptes avait évalué le coût à 366 millions d’euros en île-de-France en 2013

Enfin, le Stif, la RATP et la SNCF doivent annoncer, à la fin du mois de septembre, une campagne commune de lutte contre la fraude. Seuls les fraudeurs ne devraient pas être d’accord...

Florence Guernalec