Résultats en demi-teinte pour le groupe RATP au premier semestre 2016. Le chiffre d'affaires (CA) a baissé de 1%, s'établissant à 2,79 milliards d'euros contre 2,82 milliards au premier semestre 2015. Une baisse due principalement au nouveau contrat avec le Stif signé en décembre 2015, qui a impacté les comptes de près de 100 millions d'euros, a expliqué Elisabeth Borne, PDG de la RATP devant la presse. En réalité, la baisse du chiffre d'affaires de l'Epic (activités franciliennes de la RATP) est de 1,6%, en partie compensée par la hausse du CA des filiales (+ 1,6%) – RATP Dev, Systra, Ixxi.

Ce nouveau contrat impacte aussi le bénéfice net récurrent du groupe en chute de 70% (87 millions contre 293 au premier semestre 2015), mais il n'en est pas la seule explication. La RATP, qui paiera pour la première fois en 2016 l'impôt sur les bénéfices, en estime l'impact à environ 40 millions d'euros. S'y ajoute "la faible inflation et la hausse des provisions comptables" imposées par les normes financières internationales, explique la RATP.

Trafic en hausse

Coté trafic par contre, la tendance est largement haussière malgré la déprime de l'activité touristique de la capitale, avec une augmentation de la fréquentation de 2,7%. "Cette hausse s'explique principalement par des effets calendaires favorables", tempère la RATP. Sans cela, elle aurait été contenue à 1,2%. Quant aux effets négatifs dus aux attentats de novembre 2015, ou positifs liées au lancement du passe Navigo à tarif unique, ils sont difficiles à évaluer.

Le trafic des lignes de tramway a fortement progressé (+ 8,5% à 143 millions de voyages) bénéficiant de la montée en charge des lignes ouvertes fin 2014. Autres progressions, celles du RER (+3,6% à 251 millions de voyages) et du bus (+3,4%, 534 millions de voyages). Le trafic du métro a augmenté de 1% (786 millions de voyages), mais hors effet calendaire, la baisse est en réalité de 0,5%, souligne la RATP.

Recettes en baisse

Malgré cette hausse du trafic, les recettes tarifaires affichent une forte baisse d'environ 6,6% (1,11 milliard d'euros au premier semestre) à cause de la mise en place du passe Navigo à tarif unique. Une baisse de recettes qui ne pèse pas sur les comptes de la RATP puisque ce manque à gagner est largement pris en charge par le Stif (90%). Du moins en 2016, puisque les années suivantes la RATP supportera contractuellement un risque recettes plus important, a souligné Elisabeth Borne.

L'endettement reste contenu à 5,4 milliards d'euros (+163 millions par rapport à juin 2015) "sous l'effet du très fort niveau d'investissement prévu dès le début du contrat avec le Stif". Le gearing (endettement sur capitaux propres) reste à 1,5 en phase avec le plan qui prévoit une baisse à 1 en 2020. Durant le premier semestre 2016, la RATP a "poursuivi une politique d'investissements très soutenue avec 808 millions d'euros investis, soit une hausse de 3,3 % par rapport au premier semestre 2015". L'effort le plus important (403 M€) étant consacré à l'accroissement de la capacité de transport avec notamment des travaux simultanés pour le prolongemement de quatre lignes de métro.

D'importantes échéances

Pour les filiales, principalement RATP Dev, le chiffre d'affaires a augmenté de 1,6% (578 millions d'euros), mais sa progression a été fortement impactée par l'effet de change, notamment la baisse de la Livre sterling. 42% de l'activité de RATP Dev s'effectuant au Royaume Uni, sans cet effet change la progression du CA des filiales aurait été de 6%.

Dans les mois qui viennent, Ratp Dev, qui va
changer de président du directoire en janvier 2017 ("Une passation de pouvoirs préparée dès mon arrivée", nous a confié François Xavier Perin), va être confronté à de nombreuse échéances importantes comme le renouvellement de ses contrats de Manchester ou de Casablanca, ainsi que les énormes appels d'offres du métro de Riyad ou de celui de Doha. En France, Ratp Dev s'est positionné sur l'appel d'offres de Caen dont la décision est attendue pour cet automne.

"Nous sommes en ordre de marche pour réaliser l'objectif que nous nous sommes fixés en 2020 soit un CA du groupe de 7 milliards dont 30% assurés par les filiales", a assuré Elisabeth Borne.

Robert Viennet