Après les Hauts-de-France, la Bourgogne-Franche-Comté et l'Île-de-France, plusieurs Régions ont obtenu à leur tour un dédommagement de la SNCF en raison des grèves à répétition entre mars et juin 2016. En effet, les exécutifs de la Nouvelle-Aquitaine, les Pays de la Loire et la Normandie notamment ont annoncé que les abonnés au TER vont bénéficier d'un "geste commercial". 
 
Une demande d'autant plus pressante des Régions que la fréquentation des TER est en baisse. Ainsi, en Nouvelle-Aquitaine, l'exécutif a demandé à la SNCF d'engager parallèlement un plan de reconquête des usagers qui doit passer, selon elle, par "un redressement net de la régularité et de la production, et par l'amélioration significative de l'information voyageurs".
 
La Normandie, par la voix de son président, Hervé Morin, a demandé, en outre, un dédommagement pour les usagers des trains Intercités (lignes Paris-Rouen-Le Havre, Paris-Caen-Cherbourg et Paris-Grandville). Pour ces voyageurs, "ce sera plutôt un geste, compte tenu des
conditions difficiles sur l'ensemble du premier semestre", a indiqué la SNCF. La compagnie précise que pendant les grèves, certains voyageurs ont déjà été remboursés ou ont bénéficié d'un service minimum.
 
Des modalités disparates selon les régions
 
Dans un communiqué daté du 27 juillet, la Fnaut regrette que le dédommagement accordé aux abonnés TER soit "disparate par ses modalités et ses montants". L'association d'usagers cite plusieurs exemples à l'appui :
- une réduction de 35 % de l’abonnement de septembre en Occitanie ;
- 30 % en Aquitaine et en Lorraine ;
- 25 % en Bourgogne ;
- 25% en Normandie ou un mois supplémentaire gratuit en cas d'abonnement annuel ;
- 20 % dans les Hauts-de-France, en Alsace et en Champagne-Ardenne ;
- un dédommagement de 20 euros en Ile-de-France, seulement pour les usagers des lignes où le service "minimum" d’un train sur 3 en heure de pointe n’a pas été assuré, et sur demande.
La Fnaut souligne que le dispositif "exclut en particulier les 550 000 usagers du réseau Saint-Lazare touchés par 30 jours de grève".
 
L'association d'usagers considère également que ce dédommagement est "notoirement insuffisant" : "il n'est pas représentatif de la gêne pénible, prolongée, et des préjudices financiers imposés aux usagers", justifie la Fnaut. Celle-ci réclame ainsi un dédommagement proportionnel au nombre de jours de grève et d'au moins 50% du prix du voyage, "même si des services routiers de substitution ont été mis en place".
 
Vers une généralisation des dédommagements ?

 
Plus largement, la Fnaut demande que un dédommagement systématique pour les usagers réguliers en cas de perturbation grave, prolongée et répétitive du service public. C'est déjà le cas en PACA. Au mois de janvier 2016, la Région et le président de la SNCF ont signé un protocole d'accord stipulant qu'en en cas de retard ou d'annulation de train,
une partie de l'abonnement sera remboursé le mois suivant. L'association considère, en effet, que sans une indemnisation correcte, "une part croissante des usagers se tournera durablement vers la voiture, le covoiturage et l'autocar".
 
Florence Guernalec (avec AFP)