Le taux de panne du train Francilien "est 40 fois supérieur à l'objectif et 12 fois supérieur à celui des petits gris (ancien trains en inox)", déplorait Valérie Pécresse dans un communiqué du 14 mars 2011. La présidente du groupe UMP au conseil régional d'Ile de France, réagissait après avoir recueilli "l'exaspération" des usagers de la ligne H où ces trains circulent depuis avril 2010.

Valérie Pécresse qui souligne également les retards de livraison de ce train (18 rames en service alors que 31 devraient circuler actuellement), demande la mise en place d'un "véritable plan d'urgence" pour résoudre ces problèmes et l'audition d'André Navarri, directeur de Bombardier France par le conseil d'administration du Syndicat des transports d'Ile-de-France (Stif)

Dans un communiqué, le Stif demande à la SNCF et à Bombardier de "mobiliser leurs entreprises dans un véritable plan d'actions afin de remédier le plus rapidement possible aux dysfonctionnements constatés".

 
Le retard de livraisons résorbé en juin 2011

Chez Bombardier, interrogé par mobilicites.com, on indique que le retard de livraison sera résorbé dès le mois de juin prochain grâce à la mise en place d'une seconde chaine de production sur le site de Seclin "ce qui permettra de produire 3 a 4 trains par mois au lieu de deux actuellement. En juin 40 trains auront été livrés comme prévu", précise Anne Froger responsable de la communication de Bombardier France.

Reste à améliorer la fiabilité de ces trains. Pour y parvenir plus rapidement Bombardier a doublé son équipe de fiabilistes qui compte désormais 80 personnes. "Nous avons identifié 80% des causes de panne. La plupart sont des problèmes électroniques ou des bugs informatiques".
Des difficultés dues à la fois au retard de mise en service "qui n'a pas permis de réaliser un nombre de kilomètres suffisamment important" et aux nombreuses innovations dont bénéficie le véhicule notamment en matière de sécurité.

Ainsi, explique-t-on à la SNCF, le Francilien est le premier train à bénéficier d'un système qui empêche l'ouverture des portes en cas d'arrêt entre deux gares. "Pour des raisons de sécurité évidentes nous ne voulons pas que les gens puissent descendre du train en cas d'arrêt en pleine voie et en même temps il faut que les système puissent être déverrouillés en cas d'urgence".

Autre exemple l'emmarchement mobile la solution retenue pour que le Francilien qui dessert des gares dont les quais sont de hauteurs différentes soit le plus accessible possible est difficile à fiabiliser.


La SNCF suspend sa commande

A ces problèmes, s'ajoute le fait que la SNCF, pêchant sans doute par optimisme, a retiré du parc de la ligne H un certain nombre d'anciens trains ce qui fait qu'elle ne dispose pas d'une réserve suffisante pour faire face aux déficiences du Francilien. Résultat, à certaines heures de pointe, ce ne sont pas des rames doubles de Francilien qui circulent mais des rames simples ce qui ajoute à l'exaspération et à l'incompréhension des voyageurs.

Bombardier et la SNCF indiquent qu'ils travaillent d'arrache-pied pour résoudre rapidement ces problèmes et revenir dans les clous fixés contractuellement avec le Stif. Une urgence d'autant plus grande que dès avril des Franciliens devraient rouler sur une autre branche de la ligne H (Ermont-Eaubonne-Pontoise), "et qu'il n'est pas question de mettre la pagaille sur une ligne qui fonctionne plutôt bien aujourd'hui", déclare-t-on à la SNCF.

Réunis par Jean-Paul Huchon, président du Stif le 21 mars, Guillaume Pepy et André Navarri ont été priés de faire un geste commercial au bénéfice des voyageurs de cette ligne, "eu égard aux difficultés exceptionnelles qu’ils supportent".
Quant à la SNCF, elle suspend la livraison de 152 rames de Franciliens (sur les 172 commandées), en attendant que le constructeur fiabilise son matériel. En juin prochain ?

 
Robert Viennet et Nathalie Arensonas