"En 2015, le dispositif préfectoral lors des épisodes de pollution a été déclenché durant 42 jours, les trois-quarts du temps pour les particules", note le document de présentation du plan Oxygène. L'agglomération lyonnaise subit des dépassements de seuils réglementaires en moyenne annuelle pour le dioxyde d'azote et les particules fines notamment aux abords des axes routiers majeurs et en cœur d'agglomération." La Métropole de Lyon a présenté, le 21 juin 2016, une série des mesures de lutte contre la pollution de l'air baptisé "plan Oxygène" qui porte sur l'habitat, l'activité économique, le transport et la mobilité.
 
"Un plan d'action tous azimuts"
 
Les deux tiers des pollutions aux oxydes d'azote (NOx) proviennent des transports dont 90% sont imputables aux véhicules diesel, explique le document. Pour y remédier, la Métropole prévoit l'interdiction définitive du transit poids lourd sous le tunnel de Fourvière, une mesure qui pourrait être effective d'ici à 2020. Elle a aussi annoncé la réalisation du tronçon ouest du périphérique de Lyon d'ici à 2030 pour contourner l'agglomération.
 
Mais pour résoudre la pollution due aux déplacements, le Grand Lyon mise d'abord sur les transports en commun avec une poursuite de l'effort d'investissement dans l'offre (1 milliard d'euros sur la période 2016-2020). Pour faciliter la mobilité et la ville, la Métropole travaille sur la mise en place d'un "pass urbain" intégré qui donnera non seulement accès aux services de mobilités (transport en commun, Vélo'v, etc.) mais aussi de mobilité routière (parking, péage, etc.) et urbains (bibliothèques, piscines, etc.).
 
Le Grand Lyon va aussi iinvestir dans la rénovation des pôles d'échanges multimodaux de Perrache et de la Part-Dieu. Enfin, la création "d'une voie réservée aux transports en commun et aux taxis" sur l'A6/A7 entre Limonest et Pierre-Bénite est également évoquée dans le cadre du déclassement de l'autoroute qui a été autorisé en mai 2016.
 
Les mobilités douces à la rescousse
 
La Métropole compte également étendre le réseau de vélos en libre-service (Vélo'v) et de voies cyclables – actuellement de 670 kilomètres à 1000 kilomètres d'ici à 2020. Le Grand Lyon envisage de mettre en place une aide à l'achat de vélos à assistance électrique (VLS) estimant que l'expérimentation menée sur le territoire de la Métropole a donné de bons résultats de report modal de la voiture individuelle vers le vélo. Le Grand Lyon annonce également le doublement des zones de  circulation apaisée d'ici à 2020.
 
Le plan Oxygène prévoit aussi d'inciter les Lyonnais à recourir davantage aux services d'autopartage et de covoiturage. La Métropole compte 250 véhicules 100% électriques Bluely. L'offre Citiz LPA représente, en outre, une centaine de voitures partagées dans une quarantaine de stations à Lyon, Villeurbanne, Bron et Villefranche-sur-Saône. La Métropole revendique 13 200 abonnées à sa plate-forme Covoiturage du Grand Lyon.
 
Depuis une vingtaine d’années, le Grand Lyon s’est engagé dans la réduction de la pollution atmosphérique à travers ses deux chartes de l’écologie urbaine (1992 et 1995), son agenda 21 et son Plan Climat. Entre 2010 et 2014, les émissions de dioxines ont baissé de 85% dans l'agglomération lyonnaise, les oxydes de soufre de 74%, les oxydes d'azote (NOx) de 50% et les particules fines (PM) de 50%. Insuffisant, selon les élus : "les niveaux de concentration de la majorité des polluants (...) restent encore trop élevés pour les particules fines, le dioxyde d'azote et l'ozone".

Florence Guernalec (avec AFP)