"Cette innovation constitue une première en France", a affirmé Jean-Marc Janaillac, PDG du groupe Transdev, lors de la présentation du paiement par SMS qui sera opérationnelle en septembre 2016 sur le réseau urbain de Rouen.

Dans cette métropole de 500 000 habitants, le réseau Astuce réalise 50,2 millions de voyages par an et vend 2,8 millions de billets "1 voyage". "C'est un élément fort d'utilisation des transports publics, a rappelé Frédéric Sanchez, président de la métropole Rouen Normandie. "Cela dénote également que beaucoup de clients demeurent occasionnels."

10 secondes pour acheter 1 voyage

L'objectif de la filiale de Transdev est donc de faciliter la vie à cette clientèle en simplifiant l'acte d'achat. Terminée la quête d'un distributeur de billet ou d'une agence commerciale. Terminée également l'excuse de ne pas avoir de monnaie pour justifier une absence de titre. 

"Tout l'intérêt de cette innovation est de lever les barrières à l'entrée dans les transports publics", a précisé Jean-Marc Janaillac. Ce moyen permettra également d'attirer une clientèle nouvelle." 

Concrètement, cette solution, développée par la start-up Atsuke, se caractérise par sa simplicité. Notamment parce qu'elle ne nécessite pas de posséder un smartphone ni de télécharger une application. "Il suffit d'avoir un téléphone qui envoie des SMS", indique Damien Bousson, président de la jeune pousse basée à Paris.

A partir de septembre 2016, il suffira d'envoyer un code par un numéro à cinq chiffres. Ils recevront en retour leur titre de transport dont le montant (1,60 euro) sera débité sur la facture de leur opérateur de téléphonie mobile. Le tout en dix secondes et sans frais supplémentaire.

Un coût de 50 000 euros pour la collectivité

En effet, c'est la métropole Rouen Normandie qui prendra à sa charge les frais "cachés" : les coûts de fonctionnement et de maintenance du système, ainsi que les frais des opérateurs de téléphonie. 

Ce qui représente la somme de 50 000 euros par an. Soit un investissement nettement inférieur à celui d'un système billettique (environ 10 millions d'euros) ou d'un distributeur de titres de transport dont le prix à l'unité est de l'ordre de 50 000 euros. 

Autre avantage : le paiement par SMS ne requiert pas d'équipement à bord des véhicules. L'installation d'une simple application dans les PDA et smartphones des vérificateurs permet de contrôler la validité des titres de transport. 

Pas moyen de resquiller

Pour éviter l'achat en urgence lorsqu'un contrôleur monte à bord des véhicules de transport en commun, le développeur a prévu une parade. "Les cessions de contrôle sont horodatées : si l'achat a lieu après le début du contrôle, le billet ne sera pas valable", précise Damien Bousson. 

Cette solution d'achat devrait contribuer à limiter les ventes à bord qui impactent la vitesse commerciale des bus. Pour autant, la collectivité n'envisage pas de supprimer ce canal de vente. 

Transdev et la collectivité espèrent que la délivrance de titres par SMS représentera 15% des ventes d'ici à 2018, soit l'équivalent de 400 000 billets.

A Genève où ce système a été également déployé, ces tickets SMS pesaient 8% du volume acheté deux semaines après son lancement. Même cas de figure à Milan qui s'est converti au SMS ticketing en 2015 : un an après, 900 000 billets ont ainsi été achetés. 

Christine Cabiron