Après le feu vert fin décembre 2010 de l'Autorité de la concurrence française (lire), il restait aux deux futurs mariés à consulter leurs instances représentatives du personnel et à la Commission des participations et des transferts à donner son avis.

C'est chose faite, Veolia Environnement et la Caisse des Dépôts (CDC) ont donc pu officialiser jeudi 3 mars 2011 la finalisation de leur rapprochement, et la naissance de Veolia Transdev. Le nom semble être définitif, "il faudrait être fou pour en changer" a lancé Antoine Frérot, pdg de Veolia Environnement, le 4 mars devant la presse.

Le nouvel ensemble qui emploie 117 000 salariés dans le monde, résulte du rapprochement de leurs filiales respectives Veolia Transport et Transdev. Avec un chiffre d'affaires estimé à 8 milliards d'euros, il s'affiche comme le numéro 1 mondial privé des transports publics.
Le président de la CDC a confirmé qu'il n'y aurait "aucun départ forcé, cette fusion étant avant tout une opération de croissance".

"Nous allons maintenant pouvoir jouer en première division pour faire face aux monopoles publics comme la SNCF et sa filiale Keolis, la DB et Arriva ou MTR, le grand opérateur chinois qui essaie progressivement de se développer dans le monde ", a commenté pour sa part Antoine Frérot.


Jérôme Gallot aux commandes

Confiée récemment à Jérôme Gallot (lire), la direction générale de Veolia Transdev devra "mettre en œuvre les synergies opérationnelles, géographiques et modales identifiées et fera émerger rapidement une culture d'entreprise commune tournée vers la performance, le développement, la proximité avec le monde local, et la qualité de service", peut-on lire dans le communiqué commun Veolia-CDC.

Cyrille du Peloux, ex dg de Veolia Transport, reste au conseil d'administration. Joël Lebreton, l'ancien pdg de Transdev, a décliné l'offre.


Quatre actifs à vendre en PACA

Les activités de Veolia Transdev vont des tramways à impériale de Hong Kong aux trains régionaux en Allemagne, trains de banlieue de Boston, en passant par le futur tram de Rabat et de nombreux réseaux urbains (Grenoble, Montpellier, Nantes, Nice, Rouen, Strasbourg) et interurbains français et néerlandais.

A la demande de l'Autorité de la concurrence française, le nouveau groupe devra toutefois se séparer de quatre actifs en PACA, des réseaux interurbains dont le nom n'est pas encore connu. "Nous recherchons des acquéreurs (selon nos informations, la RATP est sur les rangs), et la vente sera effective d'ici à fin 2011", a indiqué Antoine Frérot.

Dans un premier temps, le nouvel ensemble sera détenu à parité par Veolia Environnement, la maison mère de Veolia Transport, et par la Caisse des dépôts, maison mère de Transdev, avant une mise en Bourse "dès que les conditions du marché le permettront".
"Elle pourrait survenir en 2012, indique Antoine Frérot qui estime qu'il ne faut pas céder plus de 20% du capital à de nouveaux actionnaires : "Il ne faut pas vendre le bébé avant qu'il ait grandi et rester les actionnaires structurants ", a conclu le patron de Veolia Environnement qui a succédé à Henri Proglio fin 2010.


Nathalie Arensonas