"Émotion à l'annonce du décès de J-C Decaux. #Lyon, où il installa ses premiers abribus, puis Vélo'v 40 ans plus tard, lui rend hommage" a tweeté le maire de la ville, Gérard Collomb. L'aventure des abribus commence en 1964. Jean-Claude Decaux propose aux villes d'installer ce que l'on appelait encore des aubettes -– ces abris permettant aux usagers des transports en commun d'attendre au sec l'arrivée du véhicule – contre la gestion des affiches publicitaires: l'Abribus (marque déposée) était né, qui passera dans le langage courant.

Il a d'abord convaincu Lyon, puis ensuite de très nombreuses collectivités qui n'avaient plus à financer ces abris. Les
derniers modèles d'abribus installés à Paris en 2015 par JCDecaux ont créé la polémique : on leur reproche notamment d'être trop exposés au vent et la pluie, au point que l'entreprise était prête à faire des modifications. La société a par la suite étendu le concept à tout le mobilier urbain.

Avec le rachat de l'afficheur Avenir en 1999, il s'est ensuite lancé dans la publicité dans les transports, un segment sur lequel JCDecaux est devenu numéro un mondial. Le groupe revendique également le premier rang européen de l'affichage grand format.

Et le Vélo'v est né

Patriarche passionné de vélo et sensible aux aspects environnementaux, Jean-Claude Decaux a également été à l'origine du vélo en libre-service – dont Vélo'v à Lyon et Vélib' à Paris, lancés en 2005 et 2007-– toujours financé parla publicité. L'entrepreneur réputé proche de la droite, sorti de sa semi-retraite pournégocier le contrat parisien, lui prédisait alors "un succès colossal". La suite lui donnera raison.

Mais l'appel d'offres (AO) pour
le renouvellement du contrat Velo'v à Lyon en 2016 est contesté par l'entreprise Smoove qui souhaite concourir pour le contrat de VLS. Or, Lyon Métropole a lié ce marché au contrat publicitaire, ce qui favoriserait de fait JC Decaux. S'agissant de l'AO à Paris pour 2017, le groupe compte proposer des vélos à assistance électrique.

Jean-Claude Decaux  a présidé à l'entrée en Bourse de son groupe JCDecaux en 2001, un an avant de passer le relais à ses deux fils aînés, Jean-Charles et Jean-François. La famille détient encore plus de 71% du capital d'un groupe qui a réalisé l'an dernier un chiffre d'affaires de plus de 3,2 milliards
d'euros.

Jean-Claude Decaux a quitté ses fonctions de président du conseil de surveillance en 2013, à l'âge de 75 ans, non sans leur répéter que "ce qui vaut la peine d'être fait vaut la peine d'être bien fait". Il était resté
président d'honneur du groupe qu'il a fondé.

Florence Guernalec (avec AFP)