C'est une première en France. Une Région va devenir autorité organisatrice de trains d'équilibre du territoire (TET) à la place de l'État. Le gouvernement et la Normandie n’ont pas traîné pour préparer un cadre juridique déjà acté sur le principe voici trois mois.
 
"D'ici à trois ans", indique la Région, c'est-à-dire à partir de 2020, cinq lignes nationales dont une majorité relie la Normandie à la capitale, vont changer de patron :
- Paris-Caen-Cherbourg/Trouville-Deauville ;
- Paris-Rouen-Le Havre ;
- Paris-Granville ;
- Paris-Evreux-Serquigny ;
- Caen-Le Mans-Tours

Pas mécontent de voir l’État céder à des élus locaux la gestion de ces services ferroviaires, le Premier ministre s’est déplacé, le 25 avril 2016 au Mont-Saint-Michel, pour signer la convention de transfert avec Hervé Morin, le président de la Région. Elu en décembre 2016, celui-ci avait fait de la redynamisation du transport ferroviaire, un des thèmes de sa campagne.
 
Des assurances sur le matériel roulant, l'emploi et l'infra
 
La contrepartie a également été actée. "Cette première convention nationale entre État et Région sur les TET sera accompagnée d’un engagement de l’État à renouveler les matériels roulants sur deux de ces lignes pour un budget global de plus de 700 millions d’euros", a indiqué Matignon avants la rencontre. Ce sera "720 millions", a précisé ensuite Hervé Morin.

Comme annoncé, les lignes concernées par ce renouvellement sont Paris-Caen-Cherbourg /Trouville-Deauville et Paris-Rouen-Le Havre. Le remplacement des vieux trains par du matériel neuf devrait intervenir d’ici à 2019 ou à 2020 au plus tard.
 
La convention État-Normandie comporte d'autres volets. L'un d'entre eux allie emplois et service. Hervé Morin a obtenu que "la maintenance des trains soit normandisée à Granville et à Sotteville-lès-Rouen, gage de fiabilité et de disponibilité accrues".

L'autre volet porte surtout sur l'infrastructure, l’État se porte garant de la poursuite des investissements prévus sur le réseau. "On parle de 500 millions d’euros d’ici à 2020, souligne encore Hervé Morin qui ne perd pas de vue le coup d'après. C’est aussi aujourd’hui que les choses se jouent pour la future LNPN [ligne nouvelle Paris-Normandie] en 2030."
 
Encore beaucoup à faire d'ici à 2020
 
Le pari de la Normandie est clair. En améliorant l'offre ferroviaire, le Région mise sur une hausse du trafic "pour envisager une gestion à l’équilibre" des TET dont elle héritera.

Pour y parvenir, la Région a conscience qu'il reste à réaliser avec l’État et SNCF un travail considérable concernant le matériel le plus adapté à la Normandie, l’expertise des comptes notamment en ce qui concerne les déficits, le dialogue avec la Région Île-de-France sur l’accès dans les meilleures conditions possibles à Saint-Lazare, notamment sur les sillons permettant l’accès à Paris le matin.

Marc Fressoz