Le marché hexagonal du vélo se porte bien. Du moins, c’est ce que laissent penser les chiffres de l’Observatoire du cycle, présentés par Jérôme Valentin, le président de l’Union nationale de l’industrie du cycle (Univélo). Le chiffre d’affaires global a augmenté de 4,5%, signant là un nouveau record avec 961,6 millions d’euros en 2015 contre 918, 9 millions en 2014 (il était de 846,9 M€ en 2013).

Même tendance observée pour la vente d’équipements et d’accessoires, dont le chiffre d’affaires a lui aussi progressé de 4,5%, pour s’établir en 2015 à 728,9 millions d’euros contre 697,3 millions en 2014 (il était de 657,8 M€ en 2013) 
 
Le nombre de vélos vendus a cependant connu une hausse timide de 0,5%, avec 2.996.015 unités. Rien à voir, donc, avec la progression notable de 7% de ventes enregistrée en 2014 avec 2.977.600 vélos par rapport à 2013 avec 2.785.300 unités.
 
La France loin derrière l’Allemagne et les Pays-Bas
 
Si la France apparaît loin derrière les deux pays leaders du vélo, c’est-à-dire l’Allemagne et les Pays-Bas, cela s’explique selon Jérôme Valentin par "la structure de ces marchés [qui est] très différente". L’usage du vélo est à 90% urbain aux Pays-Bas, à 60-70% urbain en Allemagne, alors qu’il est à 60-70% loisirs dans l'Hexagone. Aussi, la part modale du cycle atteint seulement 3% en France, tandis qu’elle s’élève à 27% aux Pays-Bas et à 15% en Allemagne. 
 
Il reste donc des marges de progrès non négligeables pour ce marché qui a aussi marqué des points ces dernières années. A l’image du nombre de villes qui se sont équipées de vélos en libre-service (2 en 2007 ; 42 en 2015). Et à l’exemple de l’augmentation de 75% du nombre de kilomètres de voies cyclables, passé de 8.000 km en 2010 à 14.000 en 2014. "C’est un progrès, même si l’on est très loin des pays référents", a admis Jérôme Valentin.
 
Le prix moyen du vélo ne paraît pas être un obstacle pour les consommateurs. S’il est de 321 euros en France, il s’élève à 557€ en Allemagne et à 1058€ aux Pays-Bas, où le marché est donc toujours en croissance.
 
Le VAE, un marché porteur d’avenir ?  
 
Les professionnels du secteur comptent sur le développement du vélo à assistance électrique (VAE), qui a dépassé la barre symbolique des 100.000 unités en 2015 contre 70.000 en 2014. Même les constructeurs automobiles, leurs fournisseurs et les constructeurs de deux-roues témoignent d’un vif intérêt pour le VAE, à l’instar de BMW, de Mercedes ou encore de Peugeot.  Les VAE sont "le segment qui va nous porter, nous, les industriels, les distributeurs et les réparateurs", assure, de son côté, le président de l'Univélo. 
 
En outre, les centres automobiles deviennent un canal de distribution à part entière. Ils ont ainsi vendu 20% du volume total de VAE en France. Certains lancent même leur propre modèle, à l’image de Feu Vert qui propose son VAE "So Frenchy" depuis février 2016.

Reste que le marché hexagonal se cherche : "Dans les dix années à venir, il y aura d’autres canaux de distribution sur ce marché qui n’est pas encore mature", projette Jérôme Valentin.

Hadrien Baer