C'est une première dans l'histoire du conflit entre les VTC et les taxis. Tous les dépôts de bus et de tramways étaient bloqués à Toulouse depuis 5h30 ce 4 avril 2016. Les accès à l'aéroport et au site Airbus étaient également barrés. En cause, une nouvelle manifestation des taxis contre les VTC et Loti. 

Le réseau Tisséo indiquait toutefois qu'à 10h00, "le service bus et le service tram T1 circulent. Le service tram T2 est suspendu. Le service de la navette aéroport est suspendu.  Les services Tisséo desservant l'aéroport resteront perturbés toute la journée."
 
Il s'agit d'une manifestation d'ampleur nationale. Les organisateurs attendent plus de 1 000 taxis venus de toute la France voire d'Espagne ou de Belgique. Le préavis de grève, qui a été déposé pour le 4 avril, est illimité. Le porte-parole de l'association de défense des taxis de Toulouse et aéroport, Stéphane Abeilhou, annonce que les blocages dureront tant que le gouvernement ne leur donnera pas satisfaction.

Des revendications impossibles
 
Les manifestants réclament le retour à la TVA à 5,5% et à la défiscalisation de la TIPP, et l'usage exclusif de la géolocalisation par les taxis. Surtout, il demandent la fin des VTC, des Loti et des capacitaires. Une revendication dont les taxis savant pertinemment qu'elle n'a aucune chance d'aboutir. En effet, le médiateur nommé par le gouvernement, Laurent Grandguillaume, expliquait, dans une interview à
BFM Business le 22 mars, "il y a de la place pour différents métiers. Il y a les taxis et les VTC sans oublier les Loti".

"Tout d’abord, on ne peut pas supprimer une application d’une simple décision. Ensuite, il y a les consommateurs qui apprécient ce modèle avec lequel on réserve avec un smartphone. Il faut plutôt se demander comment prendre en compte les nouveaux usages et comment on répond aux besoins du consommateur tout en garantissant la sécurité des clients...", ajoutait le député PS.

Vers un rachat des licences ?

Laurent Grandguillaume propose aux taxis de racheter leurs licences via un fonds de garantie financé par l'ensemble du secteur sur le même principe que
la proposition avancée par le think tank Terra Nova dans son étude "Indemniser les taxis pour révolutionner le transport des personnes en France". Une proposition qui ne rencontre pas l'adhésion des artisans taxis.
 
Ce mouvement intervient au moment où le secrétaire d'État aux Transport, Alain Vidalies, reçoit ce 4 avril, les représentants des taxis, des chauffeurs de VTC et Loti ainsi que les représentants des plates-formes numériques de VTC.
 
Après la loi Thévenoud votée en septembre 2014 censée régler le conflit entre les taxis et VTC, puis la nomination d'un médiateur au mois de janvier 2016, le gouvernement semble avoir le plus grand mal à trouver une solution pérenne et fait même face à une radicalisation du mouvement des taxis.

Florence Guernalec