"Avec une progression du chiffre d'affaires de 12,2% en 2015, nous sommes au-delà des progressions enregistrées ces dix dernières années où la tendance était de l'ordre de +10%", a indiqué Jean-Pierre Farandou, président du groupe Keolis lors de la présentation des résultats le 22 mars 2016.
 
"Nous ne nous sommes jamais autant développés à l'international qu'en 2015. C'est d'ailleurs une année record puisque le chiffre d'affaires a progressé de plus de 30%".
 
En 2015, la filiale de la SNCF a réalisé un chiffre d'affaires global de 5,002 milliards d'euros, dont 44% ont été réalisés à l'international, soit 2 183 M€. A noter que ce chiffre d'affaires n'intègre pas ceux des co-entreprises dans lesquelles Keolis est actionnaire minoritaire, notamment dans le ferroviaire anglais avec Go Ahead.
 
"Si nous avions intégré ces quotes-parts, le chiffre d'affaires du groupe se serait élevé à 6,425 Md€", précise Michel Lamboley, directeur excécutif corporate qui n'a pas manqué de rappeler "qu'en dix ans, le CA réalisé à l'international a été multiplié par cinq".
 
Année record à l'international
 
"C'est une année record", a souligné Jean-Pierre Farandou. En cause, le démarrage, le gain ou le renouvellement de plusieurs contrats. C'est le cas au Royaume-Uni pour le métro automatique de Londres, le
Docklands Light Rail (DLR), le lancement de la deuxième phase de Govia Thameslink Railway (GTR) et l'intégration de Southern. Toujours dans ce pays, l'extension du tramway de Nottingham a permis de doubler la taille de ce réseau. Keolis a également renouvelé son contrat pour l'exploitation de la franchise London Midland jusqu'en octobre 2017.
 
En Allemagne, le groupe a renforcé sa présence dans le ferroviaire dans le Land de Rhénanie du nord grâce au renouvellement de la franchise Hellweg Nets et a remporté un contrat pour 15 ans pour l'exploitation de Teutoburger Wald.
 
Aux Pays-Bas, Keolis a remporté la franchise ferroviaire à Zwenzwoka. Un contrat qui débutera en décembre 2017 pour une durée de 15 ans. En Norvège, c'est le contrat du tramway de Bergen qui a été prolongé de deux ans jusqu'en 2018 et verra la mise en service de 7 kilomètres supplémentaires. En Suède, le groupe a pris les commandes de nouveaux contrats de bus à Dalarma et Karlstad.
 
Au Danemark, Keolis a décroché un premier contrat pour opérer le tramway de
Aarhus qui deviendra un tram-train en périphérie.
 
Le groupe a par ailleurs renforcé sa présence en Australie en rachetant l'opérateur de bus  ATE, implanté dans quatre états.
 
Aux États-Unis, le groupe s'est vu reconduit pour cinq ans aux commandes du réseau ferroviaire de la banlieue de Washington, le Virginia Railway Express.
 
Une ombre au tableau demeure dans ce pays :
le contrat de Boston qui a généré 29,3 M$ de pertes. "La situation est en plein redressement", affirme Bernard Tabary, le directeur international. "Entre juillet et décembre 2015, la performance opérationnelle était la meilleure depuis dix ans avec une ponctualité moyenne de 94% et des recettes commerciales en croissance de +3%. Par ailleurs, le nombre de trains en retard a chuté de 25% et la fréquentation a augmenté de 3%". Ce réseau transporte 36 millions de voyageurs par an.
 
Maintien de l'activité en France
 
L'activité en France a également plutôt bien tiré son épingle du jeu avec une progression des recettes commerciales de 4% observées dans les 16 plus grands réseaux urbains, assorties d'une hausse de la fréquentation de 2,3%.
 
Si 2015 a été une année où le volume d'appels d'offres a été relativement limité, Keolis s'est a été renouvelé à Alès, Chantilly, Châteauroux, Dreux, Honfleur, Vesoul et a décroché de nouveaux contrats à Beaune, Bourgoin-Jallieu et Miribel ainsi qu'en interurbain.
 
"Les gains d'appels d'offres représentent un CA de 146 M€, soit un solde positif de 35 M€ par rapport aux contrats perdus", note Frédéric Baverez, directeur France. "Ces bons résultats résultent de notre capacité à construire des réseaux attractifs, à mener des actions de conquête et de fidélisation et à lutter contre la fraude".
 
Ainsi, le chiffre d'affaires réalisé en France (2819 M€) a été multiplié par deux en dix ans.
 
Rentabilité en hausse de 6,6%
 
2015 aura aussi été marquée par une progression de 6,6% de la rentabilité (EBITDA récurrent) pour atteindre 296 M€. "Les pertes enregistrées lors de la première année d'opération du contrat de Boston sont compensées par la croissance organique des autres activités", précise Michel Lamboley.
 
Keolis a par ailleurs maintenu ses investissements à hauteur de 228 M€. "Keolis a une structure financière solide avec un levier d'endettement contenu à 1,9x. Nous finançons la majorité de nos investissements pour éviter d'utiliser la trésorerie de l'entreprise".
 
Enfin, le résultat net part du groupe s'est établi à 33 M€, soit 7 M€ de plus qu'en 2014. "Keolis s'est donné les moyen pour conquérir de nouveaux marchés".
 
Les rendez-vous de 2016
 
Certains d'entre eux devraient se concrétiser en 2016. En France, une vague d'appels d'offres marquera l'année avec pour Keolis plus de 700 M€ de contrats venant en renouvellement dont celui de Lyon, Dijon, du bassin minier d'Arthois-Gohelle, de Narbonne et Quimper.
 
A l'international, Keolis est en négociation exclusive pour l'extension du contrat d'exploitation du tramway de Melbourne à l'horizon de 2017. En Inde, la mise en service de la première phase du métro automatique d'Hyderabad devrait avoir lieu entre juin et octobre 2016. "Nous sommes prêts : nous avons recruté, formé le personnel et obtenu l'accord de la commission de sécurité. Nous n'attendons plus que le feu vert des autorités", précise Bernard Tabary.
 
A Shanghai, Keolis est en train de finaliser la signature du contrat pour l'exploitation de la ligne 8 du métro. "Nous travaillons par ailleurs sur plusieurs dossiers, dont nous devrions connaître les résultats dans l'année".  
 
C'est notamment le cas au Moyen-Orient où Keolis a signé des partenariats stratégiques avec Emirates transport aux Emirats arabes unis et avec Nesma en Arabie Saoudite. "2015 a été une année de consolidation de notre activité à l'international. 2016 sera une année de progression", affirme Bernard Tabary.
 
Christine Cabiron