Pour relever la note du Sytral, S&P s'est appuyée sur plusieurs critères comme un poids de la dette "modéré". Celle-ci est, en effet, passée progressivement de 1,3 milliard en 2006 à 1 milliard en 2015, indique un communiqué. S'y ajoutent de "très bonnes" performances budgétaires avec une épargne brute supérieure à 25% des dépenses de fonctionnement et un cadre institutionnel "très prévisible et équilibré".

Mais un critère retient plus particulièrement l'attention parce qu'il fait du Sytral un cas exemplaire et pour tout dire unique en France. Il s'agit de ce que S&P appelle une forte "flexibilité financière". Pour faire face à ses frais de fonctionnement, le Sytral a, en effet, recours au levier fiscal, mais aussi et surtout à des recettes tarifaires qui subissent une hausse régulière depuis plusieurs années. Résultat, le ratio recettes sur dépenses atteint le chiffre record de 59% en 2015 (contre 44% en 2006) alors que la moyenne en France se situe à 30%.

Augmenter les recettes tarifaires est l'un des challenges les plus importants que vont devoir relever dans les années à venir les autorités organisatrices de la mobilité françaises si elles veulent maintenir et même faire progresser leur offre de transport. Ce sera aussi un des sujets qui sera traité lors des états généraux du transport public organisés fin 2016 par les opérateurs de l'Union des transports publics et ferroviaires (UTP) et les élus du Groupement des autorités responsables de transport (Gart). Lyon pourra leur servir d'exemple.

Robert Viennet