L'exercice EU Sequana 2016 va simuler une montée des eaux de la Marne et de la Seine, entraînant leur débordement et des inondations. Ce premier exercice européen zonal de gestion de crise va se dérouler en en trois phases :
- du 7 au 13 mars 2016, montée des eaux de la Seine de 5,50 mètres à 7,13 mètres  ;
- du 12 au 13 mars, exercice de terrain au pic de la crue sur six sites de démonstrations opérationnelles ;
- du 15 au 18 mars, phase de décrue de la Seine, phase d'après crise habituellement écartée des scénarios
 
L'objectif ? Tester la coordination des acteurs de la gestion de crise, en particulier la chaîne de la prise de décision. Seront notamment sollicités le Mécanisme européen de protection civile de l'UE, le Centre interministériel de crise du ministère de l'Intérieur, l'ensemble des services de l'État dont les préfectures concernées... Au total, 90 partenaires publics et privés participent à l'exercice dont la RATP.

Un test en temps réel et en grandeur nature pour la RATP
 
La régie fait partie des premiers opérateurs à disposer de son propre plan de protection contre les risques inondation qu’elle a consigné dans un document règlementaire, officiellement reconnu et validé par le préfet de Région en janvier 2015.
 
La RATP s'implique dans l'exercice EU Sequana 2016 afin de tester en temps réel et en grandeur nature le fonctionnement de ses procédures. Elle met notamment en place une salle de crise délocalisée qui rassemble l'ensemble des acteurs internes concernés par le risque d'inondation (exploitation, maintenance...)
 
L'objectif ? Éviter les conséquences de la grande crue de 1910 qui avait entraîné une remise en état du réseau de 3-4 mois. Aujourd'hui, c'est un réseau plus étendu avec 140 kilomètres de tunnels potentiellement inondés sur un total 322 kilomètres.

Plus de 400 points d'entrée d'eau potentiels identifiés

Dans un communiqué, la RATP explique qu'il "s'agit de mettre en œuvre tous les moyens nécessaires pour à la fois protéger ses infrastructures et ses équipements, et maintenir au maximum le service voyageur dans des conditions de sécurité satisfaisantes". Il s'agit également de "préparer le retour à la situation normale pour que celui-ci s‘effectue de la manière la plus rapide possible".
 
Le dispositif de protection de la RATP prévoit ainsi l'obturation d'une partie du réseau souterrain : plus de 400 points d'entrée d'eau potentiels par la voirie ont été identifiés et font l'objet de mesures de protection temporaire (protections maçonnées ou de type batardeaux aluminium).
 
Les matériaux et matériels nécessaires à l’édification des ouvrages sont livrés phase par phase par 31 camions semi-remorques sur 7 zones de stockage temporaire en coordination avec les services de la Ville de Paris, les commissariats d’arrondissement et la Préfecture de Police, détaille la RATP dans un communiqué. Ils sont ensuite rechargés sur des camions plateaux avec bras de grue pour être livrés sur les zones d’ouvrage.

Plus de 800 agents de maintenance mobilisés
 
Du 9 au 14 mars, la RATP installera sur 5 sites (stations de métro Invalides (lignes 8 et 13), Pont Marie et Sully Morland (ligne 7), Bercy (lignes 6 et 14) et à la Maison de la RATP, des édifications de protections (murs en parpaings, batardeaux aluminium, aquabarrières…) destinés à protéger le réseau contre d’éventuelles infiltrations d’eau depuis la voie publique.
 
Ce sont plus de 800 agents de maintenance de la RATP qui sont mobilisés pour édifier ces ouvrages de protection. La qualité et la rapidité du cloisonnement constituent des facteurs essentiels de réussite, souligne la RATP dans son communiqué.
 
Enfin, il s'agit de sensibiliser les Parisiens en focalisant leur attention sur le phénomène naturel de la crue. Ainsi, du 8 au 16 mars, la RATP organise une exposition "histoire d’eaux" sur la crue de la Seine en gare d’Auber (RER A) qui permettra aux franciliens de découvrir tous les aspects d’une crue centennale et de ses conséquences.

Florence Guernalec