Et de deux : six ans après le premier plan vélo, Nantes Métropole a validé, le 26 février 2016, la poursuite des actions visant à développer l’usage du vélo. "Entre 2010 et 2014, nous n’avons pas atteint l’objectif intermédiaire fixé dans le cadre du plan de déplacement urbain. Là où le vélo aurait dû atteindre une part modale de 4%, celle-ci s’est établie à 3%", indique Jacques Garreau, délégué aux déplacements doux au sein de Nantes Métropole. Soit un point de plus qu’en 2008.
 
"Nous sommes un peu déçus, car tous les autres modes alternatifs à la voiture ont dépassé leurs objectifs, selon la dernière enquête ménage".
 
En effet, si la voiture s’arroge encore une part de marché de 55%, les transports en commun ont atteint 15% et la marche 26%. Le vélo reste donc à la traîne, notamment en secteur périurbain, où ce mode stagne à 2%.
 
Une situation que modère l’élu : "dans le centre de Nantes, le vélo atteint une part modale de 6%". Ce bon résultat est en partie lié au système de vélo en libre-service créé en 2008. Appelé Bicloo, celui-ci dispose de 880 vélos. "Il compte aujourd’hui 10 000 abonnés et le nombre de locations quotidiennes oscille entre 3000 et 4000".
 
Aller à l’école à vélo
 
Aussi, les élus nantais ont décidé de poursuivre les actions visant à développer l’usage de ce mode et voté un budget de 50 millions d'euros. Ce deuxième plan vélo comporte quatre volets. Le premier concerne les écoles.
 
"Nous souhaitons que les enfants s’y rendent à vélo. Pour cela, il faut sécuriser les abords des établissements scolaires et éloigner les automobiles". Un appel à projets a donc été lancé en ce sens.
 
Dans ce cadre-là, Nantes Métropole prendra en charge la réalisation de diagnostics visant à étudier les conditions d’accès et de stationnement. Il reviendra ensuite aux communes, parents d’élèves et enseignants de trouver des solutions alternatives. "En cinq ans nous allons traiter une cinquantaine d’établissements scolaires sur les 250 que compte l’agglomération".
 
Plus d’espaces de stationnement
 
Le deuxième volet d’action portera sur le stationnement sécurisé des vélos. La capacité du parking de la gare de Nantes sera portée de 1000 à 3000 places. Des poches de stationnement seront également développées le long des lignes structurantes des transports publics pour favoriser l’intermodalité. Des espaces dédiés au vélo seront enfin créés dans les parkings en ouvrage.
 
La collectivité va aussi poursuivre son expérimentation visant à racheter des locaux dans l’hyper-centre de Nantes afin de les mettre à disposition d’associations ou de riverains. L’objectif : transformer ces surfaces en parkings vélo.
 
Sept axes express dédiés
 
Parallèlement, Nantes Métropole poursuivra la sécurisation des déplacements. Quand des pistes cyclables ne pourront pas être créées, des zones 30 seront instaurées, en particulier dans les zones résidentielles. Par ailleurs, deux axes structurants feront l’objet d’aménagements urbains : le premier entre la Chapelle-sur-Erdre et Nantes, le second entre Saint-Herblain et le centre-ville.
 
"Nous avons défini sept axes express avec l’idée de relier le périurbain à Nantes avec des itinéraires organisés en étoile", précise Jacques Garreau. Ces axes seront jalonnés de panneaux d’information "afin de démontrer que les temps de parcours ne sont pas si longs à vélo".
 
2500 VAE en longue durée 
 
Par ailleurs, il a été décidé d’acheter 2500 vélos à assistance électrique (VAE) qui seront mis à la disposition des 600 000 habitants en location longue durée. Enfin, les aides accordées aux salariés des entreprises ayant signé un plan de déplacement seront maintenues. "Nous allons aussi aider financièrement les entreprises qui décideront de basculer leur flotte de deux-roues motorisés vers des vélos à assistance électrique".
 
Ces mesures ont pour objectif de porter à 12% la part modale du vélo en 2030. "C’est très ambitieux, reconnaît l’élu. Néanmoins, si nous n’avons pas cette ambition, si les objectifs sont trop rabougris, nous n’y arriverons pas. En sachant que nous avons 14 ans devant nous : cela nous laisse deux mandats après 2020".
                                                  
Christine Cabiron