Ouverte fin avril 2015, puis suspendue suite à une action en référé des VTC en juin avec confirmation en juillet, la voie réservée au taxis sur l'A1 vient d'être rétablie par un arrêté rendu par le préfet de Seine-Saint-Denis le 29 février 2016. Un jugement sur le fond doit encore être rendu.
 
La réouverture de cette voie réservée de 6h30 à 10h les jours ouvrés, avec une vitesse plafonnée à 70km/h, coïncide avec l'entrée en vigueur, le 1er mars 2016, de la tarification au forfait des trajets en taxis entre Paris et les deux aéroports parisiens. Une mesure actée par le gouvernement le 4 juin 2015, critiquée par les taxis eux-mêmes qui souhaitent garder la tarification horokilométrique, et qui vise à améliorer la desserte des aéroports et l'attractivité de l'offre de taxis.
 
Des représentants des VTC ont exprimé leur incompréhension face à la décision du préfet de Seine-Saint-Denis. Pour Yves Weisselberger, président de la Fédération française du transport de personnes sur réservation (FFTPR), la préfecture vient tout simplement "d'ignorer le jugement du tribunal", a-t-il déclaré à l'AFP. Il espère convaincre d'autres VTC de saisir à nouveau la justice pour suspendre l'arrêté.
 
Bertrand Altmayer, président de Marcel Chauffeurs, se dit lui "étonné". "Il s'agit d'un pied de nez assez déplacé qui est fait à tous les chauffeurs", commente-t-il, ajoutant que c'est "très pénalisant car la voie dédiée se situe sur la partie la plus embouteillée du trajet vers l'aéroport".
 
Alors que les propositions du médiateur destinées à résoudre le conflit qui oppose taxis et VTC, ont été mal reçues par ces derniers, la décision du préfet de Seine-Saint-Denis va attiser encore un peu plus les rancoeurs.

Florence Guernalec (avec AFP)