Tweeter n'a pas encore remplacé la démocratie au sein des organismes institutionnels. Le 26 janvier, Christian Estrosi, président LR de la région PACA, avait posté un tweet dans lequel il s'auto-désignait vice-président en charge de la commission Infrastructures et Transports de l'ARF. Mais sa démarche audacieuse n'a pas été validée par l'instance qui représente les conseils régionaux.

L'ARF a procédé, le 25 février 2016, à l'élection de l'ensemble de ses présidents de commission. A la tête des Transports, c'est finalement un élu socialiste, Michel  Neugnot, qui a été désigné par les autres élus régionaux. Il succède à ce poste à Jacques Auxiette, l'ex-président PS des Pays de la Loire.

Michel Neugnot est le premier vice-président de la nouvelle région Bourgogne-Franche-Comté en charge des finances, des ressources humaines, des transports, des déplacements et des intermodalités.

Un dosage politique subtil

Pour le seconder à cette commission qui va gérer la question du TER et des infrastructures mais aussi l'important dossier des lignes d'autocars, l'ARF a élu deux vice-présidents : il s'agit de Stéphane Beaudet, troisième vice-président de la région Île-de-France en charge des Transports et vice président du Stif,  et de Philppe Tabarot, onzième vice-président de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur (PACA) en charge des Transports.

Cette composition reflète un subtil équilibre entre la gauche et la droite, d'une part ; entre l'Île-de-France et la province, d'autre part.

Le choix d'une ligne consensuelle

Alors que la droite est devenue majoritaire aux élections de 2015 en prenant les commandes de sept régions contre cinq pour la gauche, certains attendaient un grand soir à l'ARF avec un vice-président Transports qui porterait clairement la revendication d'une libéralisation du TER.

Mais l'organisme présidé par le président LR de la région Alsace-Lorraine-Champagne-Ardennes, Philippe Richert, a préféré une ligne consensuelle avec comme tête de pont un élu qui représente le plus grand dénominateur commun entre élus de droite et de gauche. Ces dernières années, Philippe Neugnot, comme premier vice-président de l'ex-région Bourgogne s'est employé à pester contre la facture de la SNCF relative au TER et à demander d'avantage de transparence de la part de l'opérateur, mais sans porter le fer plus loin.

Monopole vs concurrence

Reste à savoir quelle sera dans les prochains mois la position élaborée par la nouvelle ARF et par le triumvirat gauche-droite qui anime la commission chargée de la mobilité. A l'évidence, l'affichage consiste, pour l'instant, à ne pas provoquer les syndicats de cheminots dans la période de fortes turbulences sociales qu'engendre la conclusion prochaine de la convention collective ferroviaire.

Rappelons que cette convention collective fixera un cadre social rendant possible l'organisation d'éventuelles DSP pour la gestion de lignes de TER.

Marc Fressoz