"Le réseau de bus à Paris date, pour l'essentiel, de l'après-guerre. Il est structuré autour des quatre gares et de Châtelet", explique Michel Babut, vice-président de la Fédération nationale des associations d'usagers des transports (Fnaut) Île-de-France lors d'une conférence de presse le 23 février 2016.
 
Le Stif, la RATP et La Ville de Paris. Tout le monde est d'accord pour dire que le réseau de bus n'est plus adapté à l'évolution de l'urbanisation, selon la Fnaut Île-de-France. "Vous avez 100 bus par heure qui circulent rue de Rivoli et qui sont occupés uniquement à 20%, alors que le réseau est insuffisant dans les quartiers périphériques", ajoute Michel Babut qui représente les usagers au conseil d'administration de la RATP.

Vers un rééquilibrage de l'offre
 
L'étude du Stif réalisée avec la RATP conduirait à une baisse de l'offre en hypercentre au profit des quartiers périphériques. Pour améliorer la desserte de ces zones, sur 59 lignes Paris intra-muros, 31 seraient soit modifiées, soit supprimées, soit remplacées par d'autres. Cette restructuration du réseau de bus impliquerait également la construction d'un nouveau dépôt.
 
"Cette étude est sur la table de la mairie de Paris au moins depuis l'été 2015, mais tout est bloqué", déplore Michel Babut. La Fnaut avance des raisons politiques : comment expliquer aux parisiens circulant dans l'hypercentre que l'offre va baisser ? Elle considère également que la Ville de Paris renvoie la balle au Stif et se désintéresse du sujet.

Les mobilités douces privllégiées
 
"La Ville se soucie-t-elle de ses transports collectifs ?", s'interroge ainsi la Fnaut Île-de-France. "Élaborer un plan piéton, multiplier les aménagements cyclistes, "réinventer" certaines places, reconquérir les berges et "apaiser" la circulation : c'est bien, écrit l'association dans son communiqué du 23 février 2016. Mais la marche et la bicyclette ne peuvent à elles seules fournir des solutions de rechange à l'automobile : un réseau de transports collectifs attrayants et performant est indispensable."

Dans l'attente d'un "grand soir"
 
Même si la concertation sur ce plan de restructuration du réseau de bus était lancée aujourd'hui, rien ne pourrait être concrétisé avant 2019 selon la Fnaut. En cause, un gros travail d'adaptation des plans, de la signalétique, des abribus notamment... Un "grand soir" pourtant déjà réalisé dans des métropoles comme Lyon et Bordeaux.
 
Enfin, la RATP est-elle prête à démarrer très vite cette mutation ? La restructuration du réseau est prévue dans son plan Bus 2025. En attendant, la régie reste muette sur ses intentions, alors que ce réseau doit être ouvert à la concurrence en 2024.

Florence Guernalec