Qu'elle prenne la décision en juin 2016 de sortir ou pas de l'Union européenne (UE), l'Angleterre restera fidèle à son idendité et à la monarchie.

La preuve, la nouvelle ligne de métro qui traversera Londres d'Est en Ouest à partir de 2018 portera le nom d'"Elizabeth line" en l'honneur de la souveraine qui a visité le chantier le 23 février 2016. C'est ce qu'a annoncé le maire conservateur de la capitale britannique, Boris Johnson, qui a par ailleurs décidé ces derniers jours de faire campagne en faveur du Brexit, c'est-à-dire la sortie de la Grande-Bretagne de l'UE.

Une centaine de kilomètres pour la ligne royale

Jusqu'ici appelée "Crossrail", la future "Elizabeth line", qui sera longue d'une centaine de kilomètres à fin 2019, reliera notamment le quartier d'affaires de la City à l'aéroport d'Heathrow.
 
Elizabeth II a emprunté mardi un ascenseur industriel plongeant à 28 mètres de profondeur sous la station Bond Street. Elle y a rencontré des ouvriers de ce chantier pharaonique lancé en octobre 2009. Elle a dévoilé le logo de la future ligne qui sera mauve comme la tenue qu'elle arborait.
 
"Tout en offrant une amélioration radicale des transports de la capitale, la Elizabeth line offrira un hommage durable à notre monarque", a déclaré Boris Johnson.

La monarchie prend la première fois le métro en 1969

Elizabeth II avait été la première monarque britannique à visiter le métro londonien, qui avec plus de 150 ans est le plus vieux du monde. C'était en 1969 lors de l'inauguration de la Victoria line.
En 1977, son fils le Prince Charles avait inauguré la Jubilee line, baptisée ainsi pour le Jubilé d'argent d'Elizabeth II, son 25e anniversaire d'accession sur le trône britannique.

A terme, la ligne Elizabeth doit compter au total 40 stations et reliera les villes de Reading à l'Ouest de la capitale, à Shenfield à l'Est, en passant par Heathrow et le centre-ville.

Elle vise les 200 millions de passagers par an et doit aider à décongestionner un réseau de trains, métros et bus qui a souffert d'un manque cruel d'investissements depuis des décennies.

Le chinois MTR aux commandes de l'Elizabeth Line

Petite entorse à la fierté anglaise, ce n'est pas un opérateur national qui exploitera la ligne puisque l'autorité organisatrice Transport for London (TfL) avait choisi, en 2014, de placer l'opérateur chinois MTR aux commandes de la ligne. Mais comme il s'agit d'un opérateur de l'ancienne colonie britannique de Hong Kong, l'honneur est presque sauf.

MTR l'avait emporté dans une compétition qui l'avait opposé au britannique National Express, à DB Arriva, mais aussi au Français Keolis associé à Go Ahead.

Marc Fressoz avec AFP