Le trolleybus français a du plomb dans la perche. Le Cristalis, né de la collaboration entre Irisbus qui construisait sa caisse à Rorthais, dans l'usine de sa filiale Heuliez, et Alstom qui fournissait la chaine de traction et les moteurs roues, ne sera plus produit.
Seules les commandes déjà passées seront honorées. C'est la fin d'une belle aventure pour un concept de trolleybus qui offrait un saut technologique important avec les anciennes générations. Le concept de moteur- roues permettant de dégager entièrement le plancher bas du véhicule, qui avait été développé en collaboration avec Alstom et Michelin, s'est avéré difficile à mettre au point et surtout, très coûteux.

Avec ce véhicule innovant, développé dans les années 90, Irisbus espérait relancer l'intérêt des collectivités locales pour un mode de transport écologique. Mais contrairement au tramway qui a réussi son retour, le trolleybus n'a pas trouvé son marché.
Au lieu des milliers de véhicules espérés par les deux constructeurs, seulement 300 trolleybus roulent aujourd'hui en France dans trois villes : Lyon Limoges et Saint Etienne.


Nancy abandonne le trolleybus


Nancy qui réfléchissait à son retour pour équiper sa deuxième ligne de transport en site propre vient de faire volte-face. Le maire, André Rossinot, a en effet annoncé fin janvier 2011 qu'il abandonnait l'idée du trolleybus pour se recentrer sur un concept de BHNS (Bus à haut niveau de service) thermique.
Les raisons avancées sont avant tout économiques: "Un bus de ville nouvelle génération coûte entre 550 000 à 600 000 € contre un million pour un trolley", a expliqué l'élu nancéen à l'issue du conseil de communauté du 28 janvier 2011.

Chez Irisbus, on confirme l'arrêt du Cristalis, qui ne représentait que 0,5% des ventes, mais le constructeur explique que cela ne signifie pas la mort de l'offre trolleybus du constructeur franco-italien : "Nous allons proposer une version trolleybus sur l'ensemble de notre gamme de bus Citelis", explique Valéry Cervantes, directeur des affaires publiques Irisbus Iveco.
L'idée du constructeur est de proposer un véhicule répondant aux besoins du marché européen. Plus exactement du marché de l'Europe de l'Ouest.


Le fil à la patte

A l'instar de nombreux constructeurs, Irisbus cherche à développer des systèmes de bus électriques qui s'affranchiraient des perches pour "biberonne" l'électricité aux arrêts. Un fil à la patte qui est l'un des principaux obstacles au retour du trolley dans nos villes.

Le constructeur a présenté l'état de ses recherches à Limoges lors des journées Bus Propres organisées par l'Ademe les 9 et 10 février, en collaboration avec le Gart et l'UTP.
Il s'agit du programme EILisup développé dans le cadre du fonds démonstrateur de l'Ademe sur le véhicule à faible émissions de gaz à effet de serre. Il vise à expérimenter en partenariat avec le CEA et EDF deux types de solutions : un bus hybride équipé de batteries adaptées à la recharge en fin de ligne et un bus tout électrique de taille standard.

 

Robert Viennet (Transport Public)