Terminées la cohue et l'angoisse de trouver le bon autocar pour se rendre à l'Alpe d'Huez ou aux 2 Alpes. Depuis le 4 décembre 2010, iDTGV et VFD proposent un pack associant le voyage en train Paris-Grenoble et celui en autocar de Grenoble à ces deux stations de ski. Un produit accessible via le site internet iDTGV.

Depuis début décembre, plusieurs centaines de passagers ont ainsi réservé leur billet, tandis que plus de cinquante réservations ont été enregistrées pour le premier week-end de départ en vacances de février. "Ce système de réservation nous permet de mieux dimensionner l'offre de transport", expliquait le 8 février 2011 Jean-Yves Durand, directeur adjoint de VFD, à l'occasion de la présentation officielle du nouveau service.

 
"Haute voltige"

L'exploitation de ces lignes en haute saison relève d'un "exercice de haute voltige". Une raison à cela : la difficulté pour connaître à l'avance combien de personnes iront jusque dans les deux stations de ski iséroises. "Jusqu'à présent, des cars pouvaient rester à quai, faute de clients, tandis que d'autres étaient complets".

Pour améliorer la qualité de service, l'offre à destination de ces deux stations a été revue pour garantir les correspondances. "Ce service personnalisé simplifie la vie des voyageurs et leur apporte un plus grand confort", poursuit Julien Lagarde, responsable clientèle d'iDTGV.
L'achat en ligne garantit non seulement une place à bord du car mais donne aussi la priorité à l'embarquement. Côté prix, un léger avantage financier accordé aux internautes (environ 2 euros), auquel s'ajoute la gratuité des bagages en soute.

Si l'Alpe d'Huez et les 2 Alpes ont été choisies, c'est parce que ces deux stations représentent 70% de l'activité de VFD qui peut mobiliser jusqu'à cinquante véhicules lors d'un week-end de pointe.
"Grâce à ce partenariat nous avons pu améliorer très sensiblement la gestion de l'offre et par voie de conséquence améliorer le rendement" . 

 
Une DSP pour la desserte des stations

Cette recherche d'efficacité a conduit le conseil général de l'Isère à dissocier les marchés relevant du transport public classique, de ceux destinés aux voyageurs occasionnels. Décision qui relève également de l'obligation de réduire sa voilure en matière d'investissements, tensions budgétaires obligent.
"Le département consacre chaque année 150 millions d'euros aux transports publics. Une partie importante subventionnait le transport des touristes. Or, cette activité ne justifie pas une telle participation publique", indique Christian Pichoud, vice-président en charge de l'économie touristique et de la politique de montagne.

D'où la décision de mettre en place une délégation de service public spécifique (DSP), dédiée à la desserte des 18 stations de montagne iséroises. Soit un potentiel de fréquentation de 60 000 voyages par hiver.

 
Naissance de Transaltitude

Ces lignes regroupées sous la marque Transaltitude, seront exploitées pendant quatre ans par VFD. Un contrat qui devrait générer un chiffre d'affaires annuel de deux millions d'euros.
"Les vacanciers sont prêts à payer quelques euros de plus leur voyage en car si en échange, ils sont assurés d'avoir un service de qualité", affirme l'élu.

Calculés en fonction de la distance et du temps de trajet, les prix ont été multipliés par deux, voire par trois. En sachant qu'il existe des tarifs préférentiels pour les Isérois : pour les moins de 26 ans ou pour ceux ceux qui ont acheté un billet comprenant le transport et le forfait ski.

Si le partenariat avec IDTGV ne s'applique pour l'instant qu'à l'Alpe d'Huez et aux 2 Alpes, VFD espère l'étendre à l'ensemble des stations iséroises, d'ici à l'hiver 2012. "Nous espérons développer ce partenariat avec les TER rhônalpins, les TGV et pourquoi pas avec Thalys et l'Eurostar", précise Jean-Yves Durand.

Christine Cabiron