Malgré l'aménagement d'équipements, "les cyclistes, circulant sans protection, restent très vulnérables, explique Hervé Maurey dans l'exposé des motifs de sa proposition de loi. Les accidents, même mineurs, une simple chute par exemple, peuvent entraîner des conséquences majeures, telles qu'un traumatisme crânien". Le sénateur souligne que "lors d'un accident à vélo, la tête est touchée une fois sur trois". Ainsi, Hervé Maurey, président de la Commission de l'Aménagement du territoire et du développement durable du Sénat, veut rendre obligatoire le port du casque de type. Un casque qui serait à la fois homologué et attaché.
 
Le Comité interministériel pour la sécurité routière (CISR) avait déjà prescrit, en octobre 2015, l'obligation du port d'un casque homologué pour les enfants de moins de 12 ans, sans généraliser cette mesure à l'ensemble des cyclistes. Pour Hervé Maurey, "le port du casque ne saurait être limité aux seuls enfants de moins de 12 ans alors que plus de 85% des cyclistes tués ont plus de 18 ans". Dans l'exposé des motifs, le sénateur égrène les statistiques : 4438 accidents corporels ont impliqué un cycliste en 2014. Bilan : 159 tués et 1500 hospitalisés, ce dernier chiffre étant sous-évalué selon la Sécurité routière...

Les associations de promotion du vélo farouchement contre
 
Or, rendre le port du casque obligatoire est considéré comme "une fausse bonne idée", pour la Fédération française des usagers de la bicyclette (FUB) qui souligne que le nombre de cyclistes tués est stable depuis dix ans.

Pour l'association, l’enjeu clé est la baisse des vitesses. Ainsi, la FUB prône notamment la généralisation des zones 30 en ville. La Fédération réclame également la remise à jour des normes d’éclairage des vélos considérant qu' "un bon éclairage permet d’éviter des accidents, un casque ne peut, au mieux, qu’en limiter les conséquences".
Enfin, la FUB prône également des mesures concrètes de sensibilisation des conducteurs motorisés aux dangers que représentent les angles morts, la non-utilisation des rétroviseurs et des clignotants, le sur-teintage des pare-brises, le stationnement sur les voies cyclables.
 
Le Club des villes et territoires cyclables est également opposé au port du casque obligatoire. S'appuyant sur des études réalisées dans les pays qui l'ont adopté, l'association explique que la mesure s'accompagne d'une baisse   de   l’usage   du   vélo. De plus, le dispositif ferait passer le  "message   implicite   que   le   vélo,   c’est  dangereux" ou inversement, que le   cycliste   est   moins   vulnérable.
 
"Les   leviers   pour   améliorer   la   sécurité   des   cyclistes   sont   connus   et   ont   porté   leur   fruits   ces   dix   dernières   années   :  modération  de  la  vitesse,  amélioration  de  la  visibilité  des cyclistes,  adaptation  de  l'espace  publics  aux  modes  actifs,  partage   de   la   voirie...", détaille Pierre Serne, président du Club des villes et territoires cyclables dans un communiqué daté du mois de septembre 2015.

Dans les mains des parlementaires
 
Reste à savoir quelle sera l'attitude du très influent Club des parlementaires pour le vélo qui a été reçu à l'Élysée le 9 février 2016. Rappelons que ce Club rassemble une centaine de députés et sénateurs toutes tendances politiques confondues, Hervé Maurey n'en fait pas partie. Or, pour pouvoir entrer en vigueur, sa proposition de loi devra d'abord recevoir un feu vert en commission avant d'être examinée en séance. Si le Sénat à majorité de droite l'adopte, elle devra ensuite être votée dans les mêmes termes à l'Assemblée.

Sachant que le Club des parlementaires pour le vélo a été créé en 2012 à l'initiative du Club des villes et territoires cyclables.... Cette proposition de loi a-t-elle une chance d'être adoptée ?

Florence Guernalec