Il n'y a pas eu d'annonce officielle lors du passage de la Sibra en Société publique locale (SPL) au 1er janvier 2016. C'est le réseau Agir qui se félicite, dans un dossier de presse, de ce qu'il considère comme "une tendance majeure dans la gestion des transports publics". Ici, la raison de ce changement de statut n'est pas tant la volonté de faire des économies que la souplesse de gestion qui est recherchée par la Communauté d'agglomération d'Annecy (C2A).
 
"Avec ce changement de statut, la C2A anticipe les grands mouvements de l’organisation territoriale. C’est une chance pour la Sibra qui devient ainsi l’outil privilégié de la Communauté d’agglomération actuelle pour la mise en œuvre de sa politique de transports urbains et de modes de déplacements doux", déclare le président de la C2A, Jean-Luc Rigaut dans le dossier de presse. Déclinaison directe de la loi NOTRe, le ressort territorial de l'autorité organisatrice de la mobilité (ex-PTU) doit en effet passer de 13 communes actuellement à 44, couvrant 200 000 habitants (contre 150 000 aujourd'hui).

D'une SEM  à une SPL
 
La Sibra, qui exploite le réseau de transport public d'Annecy, était auparavant une société d'économie mixte, délégataire de service public pour l'agglomération. Avec le passage en SPL, les trois actionnaires privés présents au capital ont dû céder leurs actions à la C2A. Les 13 communes qui constituent l'agglo, ainsi que la Communauté des communes du canton de Rumilly (C3R) sont également au capital de la Sibra. La SPL est ainsi autorisée à opérer des services de transport public et des services complémentaires pour le compte de chacun de ses actionnaires.
 
"Quand on gérera un territoire nouveau avec une nouvelle ligne, la SPL est un outil beaucoup plus agile et plus souple pour développer le transport urbain en conséquence, détaille Jean-Luc Rigaut au magazine Transport public. Bien sûr qu'il faudra modifier les contrats à chaque fois qu'il y a des évolutions, mais ces modifications relèveront d'une décision de l'autorité organisatrice avec une mise en musique rapide contrairement à une DSP où il faudrait signer des avenants."

Un opérateur unique à terme ?
 
S'agissant de C3R, "ce nouvel actionnaire nous sollicite pour l'accompagner dans la définition et la création de son réseau, explique Christophe Babé, directeur de la Sibra dans le dossier de presse. Cette mission de conseil pourrait même être complétée par l'exploitation du futur réseau." Autrement dit, la Sibra pourrait devenir l'opérateur unique de transport du futur territoire qui doit émerger au 1er janvier 2017.
 
En attendant, la Sibra va exploiter, dans les prochaines semaines, une nouvelle ligne de bus à haut niveau de service (BHNS). "Le 29 mars, le bus va vous étonner", annonce l'opérateur sur son site... avant de découvrir le nouveau visage de la SIbra.

Florence Guernalec