C'est la rencontre entre une association de quelques salariés et un groupe international de 83 000 collaborateurs. Le contrat de partenariat a été signé, le 25 janvier 2016, à Montauban où Transdev est au capital de la SEM qui exploite les transports montalbanais.

Un service pertinent sur d'autres territoires
 
Un partenariat logique pour le groupe international qui se présente comme "un assembleur de solutions de mobilité adaptées aux territoires" selon les mots de Laurence Broseta, directrice générale de Transdev France lors de la signature à l'hôtel du département. Le service d'auto-stop, qui vient compléter l'offre de transport public, est particulièrement adapté aux territoires peu denses (ruraux et périurbains) comme les départements du Tarn-et-Garonne et de Haute-Garonne qui ont vu la naissance opérationnelle du service en 2012.

"Nous allons proposer à nos clients le service Rezo Pouce qui vient compléter la chaîne de mobilité", a déclaré Laurence Broseta. Transdev prévoit d'ores et déjà de le faire connaître auprès du personnel d'Airbus (13 000 salariés), car  le groupe s'est vu récemment renouveler le contrat pour le service de navettes de groupe aéronautique. Autre territoire susceptible d'être intéressé, le grand Narbonne. L'offre sera aussi intégrée à de futurs appels d'offres.

Une appli mobile en développement

"Transdev s'engage à améliorer la visibilité et l'image du service", a ajouté Laurence Broseta. Ainsi, Cityway, filiale de Transdev, est en train de développer une appli mobile qui permettra notamment de géolocaliser les utilisateurs et de faciliter la mise en relation entre les auto-stoppeurs et les conducteurs.

De même, le groupe français va faire la promotion du service via notamment des campagnes de communication, l'information multimodale et les agences commerciales. A cet effet, une vidéo a été réalisée pour expliquer le principe de ce service "simple, accessible, solidaire et durable", dixit Laurence Broseta (voir en fin d'article).

L'expérience Montauban

A Montauban, Rezo Pouce complète le réseau actuel  composé de 7 lignes urbaines ainsi que d'une offre de transport à la demande (2,3 millions de voyages/an). Les 35 arrêts de l'agglomération dont 20 sur la commune sont situés à la sortie de la ville et aux terminus des lignes de bus.

Résultat, Rezo Pouce compte 207 inscrits, mais son fondateur, Alain Jean explique que ce service est également utilisé par de non-inscrits. Brigitte Barèges, maire et présidente de l'agglomération du Grand Montauban (8 communes au total dont 7 rurales), a d'ores et déjà prévu de relancer une compagne de communication, notamment en direction des jeunes qui n'ont pas de véhicule. 

Des ambitions nationales
 
Depuis 2015, Rezo Pouce s'est transformée en Société coopérative d'intérêt collectif (SCIC) qui lui permet d'accueillir dans son capital des entreprises comme Transdev, mais aussi des collectivités locales (à l'origine de la création du service), des associations ou encore des particuliers. Surtout, cette structure va lui permettre de déployer son savoir-faire sur la France entière.

Rezo Pouce est déjà présente dans plusieurs régions – Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées, Auvergne-Rhônes-Alpes et Île-de-France – et se déploie à grande vitesse. Aujourd'hui, 140 communes ont implanté des arrêts pour un total de 1700 utilisateurs recensés : avant l'été, vont s'ajouter plus de 350 communes supplémentaires et Alain Jean en annonce 900 avant la fin de l'année 2016.

Florence Guernalec

 
Rezo Pouce en pratique
 
Pour les collectivités locales :
Pour implanter le service sur sa commune, il suffit d'adhérer à Rezo Pouce. Une convention de trois ans est passée, une durée minimum pour permettre au service de se faire connaître auprès des habitants. Les tarifs vont de 5000 euros la première année d'installation pour les communes de moins de 10 000 habitants (2500 euros/an ensuite) à 16 000 euros pour celles de plus de 100 000 (6000 euros/an). Des sommes qui servent notamment à la formation des agents qui mettront en place le dispositif et aux outils (panneaux d'arrêt, communication...)
 
Pour les utilisateurs :
Il suffit à l'auto-stoppeur de se placer à un point d'arrêt avec une affichette qui indique sa destination. Le temps d'attente est seulement de 3-4 minutes dans les zones les plus denses, et peut monter jusqu'à 8 minutes dans les zones rurales, selon son fondateur Alain Jean. En principe, ce covoiturage organisé ne donne pas lieu à échange d'argent - les distances parcourues sont courtes (les trajets moins de 10 kilomètres représentent 75% des déplacements), mais pour les trajets réguliers, Rezo Pouce propose un partage des frais de l'ordre de 5 centimes d'euros le kilomètre.

Pour lever le principal frein à l'auto-stop, la sécurité, Rezo Pouce incite les usagers à s'inscrire gratuitement sur le site. Les passagers obtiennent ainsi leur carte, et les conducteurs un macaron à coller sur leur pare-brise. Ainsi, chacun peut prouver qu'il appartient au réseau et le passager peut envoyer un SMS précisant le numéro d'immatriculation du véhicule.