Après la manifestation du 25 juin 2015, les taxis descendent à nouveau dans la rue à l'appel de leur intersyndicale (1). Dès 6h30 du matin, les taxis bloquaient le périphérique au niveau de la Porte Maillot rapporte le journal le Parisien qui relate minute par minute l'évolution de la manifestation. A Paris, la préfecture de police a comptabilisé 1200 taxis mobilisés.
 
Les taxis accusent les VTC de ne pas appliquer la loi Thévenoud, et notamment de pratiquer la maraude électronique et le stationnement sur la voie publique aux aéroports et dans les gares, deux activités qui leur sont pourtant interdites et qui restent du monopole des taxis. Ils dénoncent aussi une utilisation détournée des véhicules Loti (2) concernant le transport collectif de personnes pour exercer une activité de VTC. En conséquence, les grévistes réclament désormais la suppression immédiate des VTC-Loti.

Une tarification forfaitaire qui ne passe pas
 
Les taxis manifestent également contre la création d'un forfait aéroport imposé par le gouvernement qui doit entrer en vigueur au 1er mars 2016. "... nous tenons particulièrement à notre taximètre qui est notre marque de fabrique (juste prix pour le client, juste rémunération pour le chauffeur) et qui surtout empêche les contrefaçons de taxi de détourner davantage de clients à leur profit en se positionnant juste au dessous de notre forfait", explique la CGT Taxis.
 
Les taxis font valoir que leur profession est en danger : ils constatent une baisse régulière mois après mois de leur activité en raison notamment d'une guerre des prix menée par les VTC. En réalité, c'est Uber qui a déclenché les hostilités en baissant ses tarifs de 20% à Paris en octobre 2015. Le chauffeurs de VTC ont été les premiers à dénoncer des prix si bas qu'ils ne leurs permettent plus, selon eux, de gagner leur vie. 
 
Taxis et VTC dans la même galère ?

Le fondateur de LeCab, Benjamin Cardoso, dit comprendre l'inquiétudes des chauffeurs de taxis et explique, dans un communiqué, que les chauffeurs de VTC ne son pas épargnés : "Tous prennent de plein fouet une concurrence déloyale qui entraîne une surenchère de la baisse des tarifs  et par conséquent une paupérisation et une précarisation de leur profession". Benjamin Cardoso dénonce "ceux qui s’émancipent des obligations fiscales et sociales et créent une tension sur le marché du transport des personnes en imposant une offre massive de VTC clandestins"..
 
Néanmoins, les VTC n'entendent pas se laisser impressionner par la démonstration de force des taxis ce 26 janvier 2015 et interpellent l'exécutif. "La grève du 26 met le gouvernement devant le choix décisif de céder une énième fois aux taxis ou de favoriser la création de dizaines de milliers d'emplois", a réagi le fondateur de Snapcar et président de la Fédération française de transport de personnes sur réservation (FFTPR), Yves Weisselberger dans un communiqué.

Florence Guernalec
 
 
(1) L'interyndicale des taxis se compose de 11 organisations professionnelles : AFT, CFDT, CGT, CSAT, CTP, LMTS, UNTP, Taxis de France, SACTTSRU, SDCTP, SUD
(2) Loti : Loi d'orientation des transports intérieurs