Les deux lignes de tramway du Mans seront complétées, fin février 2016, par un bus à haut niveau de service (BHNS). "Ainsi, nous bouclerons la couverture des quartiers relevant de la politique de la ville par un mode lourd", explique Jean-François Soulard, vice-président de l’agglomération du Mans en charge des déplacements et président de la SETRAM, la société d’économie mixte qui gère l’exploitation du réseau urbain.
 
Avec 14 stations, ce BHNS évoluera sur un itinéraire de 7,2 kilomètres dont 4 seront en site protégé. Il reliera la gare du Mans à Allonnes, la deuxième ville de l’agglomération. "Il y a peu de problèmes de circulation dans cette commune. Par conséquent, il n’était pas nécessaire de faire évoluer ce BHNS sur une voie entièrement dédiée. En revanche, tous les autres points d’encombrement – notamment aux entrées du Mans – ont été aménagés pour que les bus soient prioritaires."
 
Ce BHNS représente un investissement de 41,7 millions d'euros.
 
Naissance de Tempo
 
Pour opérer ce nouveau service baptisé Tempo, la collectivité a acquis auprès d’Iveco dix véhicules disposant d’un design particulier. "Nous souhaitions démarquer ce service des autres lignes de bus."
 
Si ce BHNS reprend en plus direct l’itinéraire de la ligne 16, il a été prolongé au-delà de l’ancien terminus pour desservir un parc-relais. "Parallèlement, nous avons crée une nouvelle ligne pour desservir finement les quartiers avec un système de boucles."
 
Par ailleurs, les espaces urbains ont été "pacifiés" avec la suppression de voies dédiées aux voitures "afin d’inciter la population à prendre Tempo".
 
Partant de là, les perspectives de fréquentation de ce BHNS sont de 1 750 000 voyages par an, soit 600 000 de plus que l’ancienne ligne de bus. L’amplitude de service sera quasiment équivalente à celle du tramway (de 5h30 à 0h30), tandis que les fréquences seront de 8 minutes de 7h à 19h. "Tempo sera en correspondance, quai à quai, avec les deux lignes du tramway à la gare du Mans", précise l’élu.
 
Une fréquentation en hausse de 6,1%
 
Depuis 2007, date de la mise en service de la première ligne de tramway, les transports publics sont fortement plébiscités. Cela a été encore le cas entre 2014 et 2015 où la fréquentation globale a progressé de 6,1%. Un phénomène lié à l’inauguration en août 2014 de la deuxième ligne de tramway.
 
Au total, ce mode s’étend 21 kilomètres de lignes construites uniquement sur le périmètre du Mans. "Dès 2007, nous avons eu une augmentation phénoménale de la fréquentation (+30%), supérieure à nos prévisions, se souvient Jean-François Soulard. Cela nous a obligé à acquérir de nouvelles rames."
 
Initialement, la première ligne était opérée avec 18 rames en heure de pointe. Aujourd’hui, ce réseau dispose d’un parc constitué de 34 rames.
 
A l’époque, ce tramway était le moins cher de France avec un coût de 20 millions d'euros le kilomètre. "Un choix guidé par la baisse des subventions de l’État. Il fallait réaliser 30 millions d'euros d’économies." Ce qui a failli signer l’arrêt de mort de cette ligne.
 
"Nous avons préféré déshabiller un peu le projet en réduisant les embellissements urbains, et en supprimant un peigne de sortie au centre de maintenance."
 
Aujourd’hui, ce mode avec une fréquence de 3 minutes sur le tronc commun entre Saint-Martin et la préfecture, réalise 60% du trafic global.
 
En 2015, la fréquentation des transports publics du Mans métropole s’est élevée à 29,4 millions de voyages, soit 148 par an et par habitant.
 
Christine Cabiron