Siemens est plus heureux au sud qu’au nord de la France. Il a en effet remporté à Toulouse, où il s’est récemment relocalisé, un marché du même type de celui qui lui avait échappé à Lille en 2012.

L’industriel va réaliser le doublement de la capacité de la ligne A du Val de Toulouse pour un montant de 66 millions d’euros. Le SMTC Tisséo, le syndicat mixte des transports en commun de l’agglomération toulousaine, a officialisé ce contrat le 15 janvier 2016.

1000 nuits de travaux

"Il prévoit le doublement de la longueur des rames et le passage à 52 mètres des stations“ contre 26 mètres aujourd’hui détaille Siemens France. Il implique des modifications substantielles des automatismes, du poste de commande centralisée, des façades de quai, du réseau d’énergie, du parc de matériel roulant existant ainsi que des garages ateliers."
 
Près de mille nuits de travaux seront nécessaires pour la mise en œuvre de ce chantier“, souligne Eric Cazeaux directeur de la division Mobility de Siemens France. Il se déroulera en effet en exploitation la plupart du temps sauf en période estivale. Le gros du chantier nécessitera la fermeture de la ligne A sept semaines durant lors des étés 2016, 2017 et 2019. Achèvement des travaux prévu pour fin 2019.

La ligne A du Val de toulouse a été mise en service par Matra en 1993, puis prolongée par Siemens en 2003, après l’acquisition de Matra Transport par Siemens.

Son trafic est en augmentation constante : 125 000 voyageurs par jour à l’origine, 230 000 aujourd’hui et l'infrastructure est au bord de la saturation. La fréquence de passage des rames en station est aujourd’hui de 60 secondes aux heures de pointe et ne peut être réduite davantage. Comme à Lille, le doublement de la longueur des stations et des rames représentait l’unique solution pour augmenter la capacité.

180 millions d'euros d'investissements au total

Le doublement de la capacité de la ligne A pour la porter à 400 000 voyageurs par jour est un investissement conséquent pour Tisséo. Au total, celui-ci s'élève à 180 millions d'euros dans lequel s'inscrivent les 66 millions du marché confié à Siemens. Cette enveloppe comprend également un budget pour des travaux importants dans quatre stations.
 
Concernant le marché passé mi-janvier, le président du SMTC Tisséo, Jean-Michel Lattes, cité dans le communiqué diffusé par Siemens,  s'est félicité "de cet accord, qui participe de l’excellence toulousaine au niveau international".  Il a salué "l’installation du siège mondial des activités Val de Siemens à Toulouse, laquelle traduit une marque de confiance faisant honneur à notre métropole."

On aura l'occasion de voir de quelle façon va se poursuivre l'histoire entre le réseau du métro automatique de Toulouse et l'industriel allemand. Le maire de Toulouse Jean-Luc Moudenc a, en effet, lancé le projet de troisième ligne de métro prévu à l'horizon 2024.

Ce serait une surprise que l'appel d'offre échappe à Siemens…

Marc Fressoz