iDVROOM, la filiale de covoiturage de la SNCF facilite l'usage de l'autoroute à ses membres. L'entreprise a signé, le 11 janvier 2016, "un partenariat exclusif" d'abonnement de télépéage avec APRR et Sanef, respectivement deuxième et troisième groupes autoroutiers en France. De son côté, le leader du marché BlaBlaCar bénéficie d'un partenariat avec Vinci Autoroutes, numéro un du secteur.

L'accord passé consiste à mettre en place, à partir du 1er février 2016, un abonnement de télépéage Liber-T spécifiquement taillé pour le “covoiturage des trajets réguliers“. De quoi "économiser jusqu’à 33,80 € au cours de la première année d’utilisation", précise le communiqué cosigné par les trois partenaires. 

L'abonnement cible les particuliers justifiant d’un compte client chez iDVROOM dans le cadre de leurs trajets du quotidien (domicile-travail, trajets universitaires, etc.). Ils bénéficieront du télépéage sur tout le réseau autoroutier de France avec passage sans arrêt au péage ainsi que de l'accès aux parkings équipés du système de télépéage en France.

Pour les covoitureurs et les covoiturés

"Cet abonnement est diffferent de celui négocié entre BlaBlaCar et Vinci", détaille Frédérique Ville, la directrice générale d'iDVROOM. "Les frais de mise en service et les six premiers mois d'abonnement sont gratuits, et à partir du sixième, il le reste à condition de justifier de quatre trajets de covoiturage par mois comme covoitureur mais aussi covoituré, c'est à-dire pas seulement comme conducteur", précise-t-elle. Détail d'importance, “son activation n'est pas conditionnée à l'usage de l'autoroute", précise Frédérique Ville.

Un avantage pour les bénéficiaires puisque ce badge va à l'évidence les inciter à utiliser l'autoroute le week-end pour des trajets longue distance au détriment du train peut-être. "Il est clair que nous restons majoritairement axés sur les trajets quotidiens, mais notre site propose aussi des longs trajets", continue Frédérique Ville qui ne souhaite pas rendre publique la proportion entre ces deux types de voyages.

Cet accord avec une filiale de la SNCF revêt à l'évidence une importance symbolique pour les sociétés d'autoroutes. Il a été signé entre Frédérique Ville, la directrice générale d'iDVROOM et le numéro deux du groupe Sanef, l'Espagnol Luis Deulofeu, ainsi que le directeur général adjoint du groupe APRR, Xavier Rigo.

Complémentarité

Si l'entreprise de covoiturage vise en  majorité les trajets courts domicile-travail et évite de marcher sur les plates-bandes du TGV que foule son homologue BlaBlaCar, iDVROOM qui renforce son attractivité n'échappe pas à certaines critiques : faire concurrence à certaines lignes TER  dont les autorités organisatrices financent les déficits d'exploitation.

Frédérique Ville s'en défend et préfère parler de complémentarité au sein de l'offre de la SNCF.  "Chacun fait son choix de mobilité, entre un point A et un point B où l'offre est massifiée, l'arbitrage se fait facilement en faveur du train, explique-t-il. Mais si vous habitez la périphérie de Nantes et que vous devez aller dans la périphérie d'Angers, plutôt que d'utiliser un bus qui vous mène à la gare avec un train qui peut impliquer une correspondance en cours de trajet et l'utilisation d'un car en bout de trajet, le covoiturage est une solution plus simple.“

Reste à savoir comment les nouveaux présidents de régions percevront ce discours.

iDVROOM revendique 90 000 inscrits, actifs depuis moins de dix huits mois et un doublement du nombre d'inscrits en 2015.

Marc  Fressoz