Pas de conclusion hâtive. Bombardier et Alstom ne sont pas déjà mariés. Mais ils ont eu l’idée de s’associer à nouveau en Belgique pour répondre à un marché des Chemins de fer belges (SNCB), portant sur des trains intercités à deux niveaux M7, qui succédent aux M6 qu'ils ont fabriqués ensemble. L'association reconduite a été fructueuse puisqu’ils ont annoncé d'une même voix, le 18 décembre 2015, avoir remporté ce contrat auprès de la SNCB.

"La première commande ferme signée aujourd'hui inclut le design et la fabrication de 445 voitures et est estimée à environ 1,3 milliard d'euros", indiquent les deux groupes dont Bombardier est le chef de file.

La part directe de Bombardier s'établit à environ 787 millions d'euros et celle d'Alstom à environ 471 millions d'euros“. Soit un total de 1,2 milliard d’euros contre des livraisons de rames qui se dérouleront entre septembre 2018 et 2022.

917 voitures additionnelles

Les deux groupes pavoisent car ce contrat cadre est assorti d’options très consistantes. Il inclut, en effet, 917 voitures additionnelles. Tranche ferme et option levée, le contrat, pleinement réalisé, porterait jusqu'à 1362 voitures. Au total, environ 3,3 milliards d'euros dont environ 2,1 milliards à Bombardier et 1,2 milliard à Alstom.

Les M7 sont des rames intercités transfrontalières à deux niveaux, aptes aux réseaux des Pays-Bas et du Luxembourg, et capables de rouler à 200 km/h. Elles peuvent également circuler sur des portions de LGV.

Entre les deux partenaires industriels, la répartition du travail est la suivante : l'usine belge de Bombardier à Bruges produira 65 voitures de tête multifonctionnelles et 290 voitures remorques. Celle d'Alstom, à Valenciennes, construira 90 voitures avec loge motorisée avec le support de son centre d'excellence électrique et signalisation de Charleroi, en Belgique. Le Français développera et produira également le système ETCS de niveau 2 pour la totalité de la flotte.

L'usine Bombardier de Bruges sauvée

Bombardier est particulièrement soulagé. “Le site de Bruges qui fait travailler quelque 700 personnes est sauvé. Sans ce contrat, son avenir aurait été très compromis", commente le constructeur. L'ingénierie de Crespin (site qui emploie un peu plus de 2000 personnes) sera également mise à contribution.

Du côté d'Alstom, c'est la joie également même si la part à produire est moindre.“Mais ce marché va fournir du travail à un ensemble de sites industriels du groupe, Charleroi bien sûr mais aussi Valenciennes, le Creusot, Tarbes, Villeurbane, Ornans", détaille-t-on au siège du groupe.

Bref des fiançailles qui rendent les deux partenaires heureux…En attendant mieux ?

Marc Fressoz