Voilà une information qui va donner du grain à moudre aux organisations syndicales de la SNCF et à tous ceux qui considèrent que l'État français s'est désengagé de ses responsabilités dans le groupe public ferroviaire. De l'autre côté du Rhin, la Deutsche Bahn (DB) a annoncé un plan de restructuration qui comprend un investissement d'ici 2020 de quelque 55 milliards d'euros "dans tous les métiers" et pour "plus de qualité, plus de clients et plus de rentabilité". L'État allemand mettra la main à la poche à hauteur de 35 milliards d'euros, 20 milliards seront puisés dans les caisses de Deutsche Bahn.

Une attention sur la ponctualité
 
Une attention sera portée à la ponctualité de ses trains qui est notoirement médiocre, notamment dans les grandes lignes. Cette question va recevoir une attention particulière à l'avenir, grâce entre autres à des grilles horaires "mieux construites" et la création d'un "service de dépannage pour locomotives". Ponctualité et qualité du service seront aussi à l'avenir "les critères de mesure" de la performance des dirigeants à tous les niveaux, a indiqué Deutsche Bahn.

Des ajustements structurels nécessaires
 
Le plan de restructuration annoncé, le 17 décembre 2015, qui se traduira par "des changements de direction et structurels" et "une simplification" des structures. Le patron du groupe Rüdiger Grube a évoqué "la plus grosse transformation depuis la libéralisation du marché en 1994". "Ce n'est pas un programme de suppression des effectifs", a assuré pour sa part le numéro deux Volker Kefer, "mais à beaucoup d'endroits dans l'entreprise des ajustements structurels sont nécessaires".
 
La Deutsche Bahn emploie 300 000 salariés (149 500 à la SNCF) dont près de 196 000 en Allemagne, pour un chiffre d'affaires annuel de près de 40 milliards d'euros en 2014 (27,4 milliards à la SNCF).

Florence Guernalec (avec AFP)