Les autocars transformés en locomotive… de l’emploi dans les transports terrestres (hors rail et transport urbains). Ils figurent, en effet, en tête des activités les plus dynamiques devant la logistique et les ambulances alors que le transport routier, le plus nombreux en termes d'effectifs, s’essouffle. Le déménagement et la location de véhicule perdent quant à eux des emplois.

C’est ce que montre le dernier cru du bilan annuel de l’OPTL, l'Observatoire prospectif des métiers et des qualifications dans les transports et la logistique (OPTL). L’étude publiée le 11 décembre 2015 porte sur 2014.

En attendant les effets de la loi Macron
 
Au 31 décembre 2014, la branche comptait près de 658 500 salariés, dont la moitié (332  683) pour le seul transport routier de marchandises, indique l’étude. Dans cet ensemble, le transport routier de voyageurs pèse 98 855 emplois. Et c’est lui qui a le plus bataillé contre le chômage.
 
En 2014, “2 500 emplois ont été crées dans le transport routier de voyageurs“, note l’OPTL “1 200 chez les prestataires logistiques et un millier dans le transport sanitaire, dans la continuité de la dynamique de l’année précédente“.

Celle-ci "reste donc largement portée par le transport de personnes et les prestataires logistiques, et s'explique par des évolutions à l'œuvre d'ordre démographique, réglementaire, des modes de vie, mais aussi les politiques publiques", analyse Michel Chalot, vice-président de l'OPTL. 

Evidemment, la loi Macron qui a libéralisé le marché intérieur de l’autocar longue distance joue son rôle, mais elle n’est en vigueur que depuis l’été 2015. En fait, le mouvement de fond favorable à l’autocar tient à d’autres explications : la libéralisation antérieure du cabotage et le recours important aux dessertes routières pour assurer les transport express régionaux (TER), sans compter le développement du transport occasionnel. Reste que s'ils ont effectivement embauché, les autocaristes ont également recouru comme jamais à l'interim. La barre du milier d'interimaires a été franchie en 2014 avec 1150.

Globalement, le trio d’activités emmenées par l’autocar – avec le transport routier (+0,8%) – contribue à tirer l’emploi dans ce secteur du transport. Celui-ci a retrouvé un solde positif en 2013 avec une progression de 0,2% ( contre -0,4% en 2012) .

Un secteur créateur d'emplois
 
L’OPTL prédit qu'au 31 décembre 2015 le secteur aura globalement augmenté ses effectifs, de 1,7% soit 11 290 salariés supplémentaires pour 669 751 personnes. Il ventile les chiffres par domaine et attribue 84 555 emplois au transport routier de voyageurs. En fait, sa base statistique n’est pas la même que celle utilisée pour les années antérieures. Elle se focalise sur la seule conduite et l’encadrement. Impossible donc de savoir combien de créations sont attendues.
 
Seule certitude, l’autocar aura continué à augmenter ses effectifs. 50% des autocaristes interrrogés ont indiqué avoir, en 2015, des projets d’embauche, c’est le plus haut taux de la branche considérée où la moyenne est d'un tiers. Promesse confirmée par les statistiques : au premier semestre 2015, l’emploi salarié a augmenté dans les transports terrestres de voyageurs non ferroviaires “de +1,1 % au premier trimestre et +0,5 % au deuxième trimestre", note l'OPTL.

Et ce mouvement de recrutement ne va pas s'arrêter dans les années à venir. Et pour cause, l'autocar est confronté à un défi démographique. 46% des troupes ont plus de 50 ans, rappelle l'organisme.

Avis donc aux amateurs qui veulent devenir des professionnels de la route !
 
Marc Fressoz