COP21, loi de transition énergétique, engagement de Porsche sur la voie de la voiture électrique… exception faite de la nouvelle baisse de prix du pétrole, le français DBT, leader européen de la fabrication de bornes de recharge pour véhicules électriques ne pouvait rêver contexte plus porteur pour s’introduire en bourse.

Créée en 1990 par Hervé Borgoltz, son PDG, la société douaisienne de basse tension (DBT) a, en effet, choisi d’aller chercher de l’argent frais sur Alternext le marché de cotation des PME pour financer une nouvelle étape de son développement.

Le 18 décembre 2015, à l’issue de l'augmentation de capital lancée au début du mois, le groupe espère récolter autour de 8,7 millions d’euros. D’ores et déjà, les deux fonds minoritaires (Nord Capital, Turenne Capital) qui accompagnent l'entreprise ont prévu d'ajouter  2,5 millions d'euros dans l'opération.

Pourquoi investir dans DBT ? "Parce que le marché de la voiture électrique a dépassé le million de véhicules dans le monde, souligne Hervé Borgolitz, et tire logiquement le marché de la borne. Nous avons déjà vendu 15.000 bornes à recharge normale et semi-rapide. Surtout, avec 65% de parts de marché, nous sommes très bien positionnés sur celui de la recharge rapide.“ L'entreprise et ses prévisonnistes estiment qu'il va croître de 36 % par an d'ici à 2023 et lui profiter pleinement.

Alors que DBT a déjà livré 1.553 bornes de ce type pour 33 pays, il vise le cap des "10.000 bornes à charge rapide produites en 2020 ", annonce son PDG. Avec un tarif de 15.000 à  35.000 euros la borne, contre 2.000 à 5.000 euros seulement pour celle à charge semi-rapide, la marge est forcément plus forte.

Partenariat avec Nissan

Le partenariat, signé en 2012 avec le constructeur automobile Nissan, a donné un coup d'accélérateur à DBT. Il a consisté à déployer en Europe un parc de bornes de recharges rapides et d'atteindre une clientèle  privée (grandes enseignes etc). Le chiffre d’affaires a connu un pic historique de 20,1 millions d’euros en 2014, retombé à 17,2 millions d'euros en 2015.

Mais pour l’instant, il ne gagne pas d’argent car le groupe manque de fonds de roulement. Il n'empêche, avec de l'argent frais, les analystes promettent un avenir radieux à DBT avec un chiffre d'affaires multiplié par deux en 2018, le cap des 60 millions franchi en 2020 et des résultats substantiels à la clé.

Le groupe nordiste, dont l'usine est située à Douai, entend accélerer tous azimuts à l'international, en Asie, au Moyen-Orient (en Jordanie, notamment avec Renault dans un programme faisant appel à l'énergie solaire) et aux Etats-Unis. "Ce n’est pas un hasard si nous avons notre implantation américaine à Chicago comme le JCDecaux ", souligne Hervé Borgoltz, sans en dire plus sur les projets communs des deux entreprises.

Pour franchir cette nouvelle étape, DBT a renforcé sa direction avec le recrutement comme directeur général adjoint de Olivier Delassus, qui était, depuis 2011, le directeur général de Proxiway, la filiale d’autopartage de voitures électriques de Transdev.  "J'ai pris mes fonctions chez DBT au 1er octobre pour accompagner cette phase, déclare-t-il. Sa feuille de route est chargée : "Amélioration des coûs de production, développement de la billettique et des moyens de paiement par RFID, développement de l'assistance et du SAV à distance" figurent notamment au programme.

Marc Fressoz