Après les taxis, Uber s'attaque aux transports publics. A Rome, la filiale du géant américain va expérimenter, du 10 au 24 décembre 2015, une ligne circulaire de minibus à la demande qui desservira huit arrêts : la Jubilee Line U.

Ce sont les utilisateurs eux-mêmes qui vont déterminer l'emplacement des huit points d'arrêts en se connectant au site
www.linea-u.it et en faisant part de leurs souhaits. Le tracé exact de cette ligne sera donc connu le jour de son lancement, soit le 10 décembre, deux jours après l'ouverture officielle de l'année sainte. La réservation des places se fera via l'appli Uber. Les tarifs, eux, ne sont pas encore connus.

Si l'expérience est concluante, les responsables d'Uber ne cachent pas leur souhait de la voir se développer à plus grande ampleur. "Avec cette ligne nous voulons offrir une alternative au transport public", a expliqué Carlo Tursi, directeur général de Uber, à la presse italienne. 

Un réseau de transport public en difficulté

Plus de 33 millions de visiteurs et de pèlerins sont attendus à Rome à l'occasion de l'année sainte. Ils seront confrontés à un réseau de transport public surchargé et peu efficace, avec seulement 50 km de lignes de métro, et qui subit de plein fouet la crise des finances publiques. S'y ajoute une série de grèves qui, ces derniers mois, ont beaucoup entamé l'image d'Atac, l'opérateur du réseau. Entamée aussi, la confiance des Romains qui, selon certains sondages, seraient 58% à considérer que leur ville manque de transports publics efficaces.

C'est dans ce contexte difficile qu'Uber, dont l'appli Uber Pop a été interdite en Italie en mai dernier, a décidé de se lancer dans le transport public. Avec huit arrêts et des services assurés avec des minibus de 9 places pendant deux semaines, la concurrence ne sera pas violente, mais elle créera un précédent qui pourrait avoir des suites : "La ville serait plus accessible pour tout le monde si on intégrait des produits tels que notre système de mobilité dans l'offre de transport public", estime Carlo Tursi.

Reste à savoir à quel prix.

Robert Viennet