"Nos comptes ne sont pas encore arrêtés mais je peux vous dire que la RATP se porte bien. Nous avons réalisé en 2010, 40 millions de voyages de plus qu'en 2011". Ce qui, ramené au nombre de voyages annuels (trois milliards) représente une progression d'environ 1,3%.

Une bonne nouvelle pour la Régie, après une année 2009 morose (-0,8% de trafic) faisant suite à six années de hausse continue. Selon le président de la RATP, le métro et les RER ont le plus profité de cette croissance.

Autre indicateur de la bonne santé de l'entreprise, si l'on excepte le mouvement national sur les retraites de à l'automne 2010, le nombre de jours de grève est tombé à son plus bas niveau historique : "Nous avons comptabilisé 0,02 jours de grève par agent. Ce climat social satisfaisant nous permet d'avancer sur le sujet de la modernisation de l'entreprise avec l'ensemble des partenaires sociaux", s'est réjoui le patron de la RATP.

 

Rames bondées : à qui la faute ?

Coté investissements, 2011 devrait être à l'image des années précédentes : volontariste. Le tranporteur a dégagé dans son budget une capacité d'autofinancement de 750 millions d'euros, soit, a peu près, la moitié de ses besoins en investissement pour l'année, le reste étant couvert par les collectivités locales franciliennes : "Cette capacité d'autofinancement traduit la productivité de l'entreprise qui a progressé de 300 millions par an depuis mon arrivée en 2006. Sur ce total, 100 millions ont été restitués au Syndicat des transports d'Ile-de-France (STIF) par une baisse de sa contribution dans le contrat qui nous lie", a commenté Pierre Mongin.

Revenant sur les critiques concernant la qualité de service des transports franciliens, il a indiqué que 99% des voyageurs qui prennent le métro (1,5 milliards de voyages par an) "ont un train qui correspond à la promesse de l'entreprise ".
Soit une rame toutes les 3 minutes maximum aux heures de pointe, toutes les 6 minutes en heure creuse et toutes les 10 minutes, la nuit. Et concernant la saturation de certaines lignes, le président de la RATP a renvoyé la balle aux décideurs politiques : " Je ne peux produire que ce que je sais produire. Si les rames sont bondées qui est responsable ? A qui la faute ?"

 

Les colis suspects du RER

En revanche, Pierre Mongin a reconnu que la régularité des RER était plus préoccupante  : "Nous sommes en co-responsabilité avec la SNCF pour améliorer la situation. 2010 n'a pas été une bonne année pour le RER, la fin d'année a été franchement mauvaise, mais nous notons quelques améliorations depuis le début 2011".

La cause principale de ces retards ne serait pas à mettre au compte de l'infrastructure, mais à celui des colis suspects abandonnés ou oubliés : "Il ne se passe pas une journée sans que nous n'ayons une alerte". Alors qu'aucune interruption n'a affecté le réseau de tramway en 2011. Avec ses 100 km de lignes en 2014, ce sera "le troisième réseau de tramway d'Europe par le nombre de voyageurs transportés", a insisté le patron de la Régie.


Quel métro pour le Grand Paris Express ?

Pierre Mongin s'est aussi réjouit de l'accord intervenu le 26 janvier entre la région Ile-de-France et l'Etat pour le transport du Grand Paris (lire). "Nous militons pour le chantier du Grand Paris démarre en priorité par l'extension de la ligne 14 vers le Nord ce qui nous permettra de désaturer la ligne 13 du métro, puis vers le Sud".

Pour le président de la RATP, les premiers travaux pourraient démarrer dès 2012 et s'achever en 2017. Concernant le type de matériel, il a expliqué que ses équipes étaient à l'œuvre pour "concevoir le métro automatique du XXIème siècle". S'il n'est pas question de changer la technologie (pneus) pour la prolongation de la ligne 14 pour les autres arcs du Grand Paris Express, tout est possible.

Robert Viennet (Transport Public)