Ils ont rencontré les têtes de liste Valérie Pécresse (LR) et Claude Bartolone (PS), ont eu des échanges avec Pierre Laurent (PCF) et Pierre Serne (EELV)... "Les réponses se voulaient rassurantes. Nous avons le sentiment que pour l'instant, il ne faut fâcher personne", a expliqué Marc Pélissier, président de la Fnaut Ile-de-France. Or, les programmes transport des candidats aux élections régionales des 6 et 13 décembre 2015 interpellent l'association d'usagers  tant sur la faisabilité calendaire que financière de leurs propositions. "Les objectifs affichés par les candidats sont hors de portée !", a résumé Marc Pélissier.

Un matériel roulant qui doit attendre
 
Par exemple, il ne suffit pas décréter qu'on souhaite accélérer le renouvellement du matériel roulant des lignes RER et Transilien à l'instar des candidats PS et Républicains si les appels d'offres n'ont pas encore abouti à l'exemple de celui des RER nouvelle génération lancés en 2011... En revanche, il serait tout à fait possible de commander rapidement de nouveaux Franciliens, seulement ces trains ne sont pas adaptés en termes de capacité aux besoins des RER.

Des financements flous
 
La Fnaut note également qu'il existe "peu de leviers pour augmenter les recettes de la région et du Stif sans décision législative". En effet, la création d'une écotaxe poids lourds régionale pour les véhicules en transit soutenue par plusieurs candidats, et la Fnaut, nécessite une impulsion de l'État. "Sa mise en oeuvre comme les recettes attendues restent floues", constate Marc Pélissier. Idem pour la taxe de séjour additionnelle sur les nuitées d'hôtel voulue par Claude Bartolone qui, pour l'instant, ne profite qu'à la Ville de Paris. Quant à la réduction de la fraude de 50% qui rapporterait 100 millions d'euros par an, la Fnaut trouve le calcul de Valérie Pécresse bien optimiste.

Une tarification à revoir
 
Ajoutons à cela, la mise en place du passe Navigo à tarif unique qui n'est pas financé. Selon la Fnaut, il manque environ 50% du manque à gagner, soit 250 millions d'euros par an à partir de 2016 pour financer la mesure. "Aujourd'hui, il suffit de quatre A/R Paris-Montereau par mois pour amortir son passe. En matière de tarification, il faut tout remettre en plat", a expliqué Marc Pélissier d'autant que les premières tendances montreraient qu'il n'y a pas de report modal de la voiture vers les transports en commun, mais une baisse des achats de tickets en faveur d'un abonnement Navigo. L'association d'usagers n'exclut pas qu'à la faveur de la mis en place du Grand Paris Express (GPE), les élus en profitent pour revoir la tarification...

Un rééquilibrage des financements souhaitable
 
"Les promesses de campagne ne sont pas réalisables. C'est pourquoi nous souhaiterions que les candidats fassent connaître leurs véritables priorités au moment de faire les arbitrages", a plaidé Marc Pélissier.  Ainsi, la Fnaut  Ile-de-France prône un rééquilibrage des financements entre le Grand Paris Express et l'amélioration du réseau existant au profit de la grande couronne. Il s'agit notamment de réinterroger la pertinence de certains tronçons comme les lignes 17 et 18 du GPE.

Déjà des projets bloqués
 
En attendant, l'association d'usagers craint un retard un retard voire un abandon des projets, notamment en grande couronne. Et de citer notamment, les retards déjà pris par le prolongement du RER E dont le financement n'est toujours pas bouclé à ce jour, la phase 2 de la Tangentielle nord, le prolongement du tramway T1 à Val-de-Fontenay trop coûteux en l'état (500 millions d'euros pour 8 kilomètres), ou encore l'électrification de la ligne Gretz-Provins nécessaire pour faire circuler des trains plus capacitaires...
 
Il ne reste plus que quelques jours aux candidats pour amender leurs promesses.
 
Florence Guernalec
 
 
Relance de "témoins de ligne RATP"
 
La Fnaut Ile-de-France a signé une prolongation du protocole conclu avec le Stif et la RATP. L'opération "Témoins de ligne" permet à tout usager de faire une réclamation et/ou une proposition "précise et détaillée" via le site web de la Fnaut Ile-de-France ou un formulaire papier. Tous les mois, l'association transmet les témoignages à la RATP qui "instruit de façon sérieuse" les dossiers selon Michel Babut de la Fnaut et administrateur à la RATP, et y répond dans un délai d'un mois. Enfin, ces "témoins" ont connaissance des réponses données.
 
A ce jour, la Fnaut Ile-de-France revendique 700 usagers dans son programme et a enregistré 500 témoignages précis en 2014. En 2015, ce sont, en moyenne, plus de 100 demandes par mois qui sont transmises. Sans surprise, les pincipaux motifs de réclamations portent sur la ponctualité (en particulier sur le RER A) et l'information voyageurs (surtout en cas de situation perturbée). Viennent ensuite les aménagements et la propreté.
 
Une initiative qui contribue, en tout cas, à ce que la voix des usagers soit davantage prise en compte. A cet égard, la Fnaut Ile-de-France note que les principaux candidats aux Régionales se sont engagés à ce que les usagers soient représentés au conseil du Stif et non pas seulement au comité des partenaires qui n'a qu'un avis consultatif.  Une promesse à laquelle la Fnaut croit à moitié dans la mesure où elle était déjà à l'ordre du jour de la majorité sortante.