En cinq ans, le CHU de Bordeaux peut se féliciter d'avoir provoqué un report modal de 20% chez ses 14 000 salariés. En 2009, cette administration signait un plan de déplacement entreprise (PDE) pour inciter ses agents hospitaliers à changer leurs habitudes de déplacements. Cette année-là, 71% d'entre eux utilisaient leur voiture pour se rendre au travail.
 
Cinq ans plus tard, cette proportion est "tombée" à 50% grâce aux différentes actions menées dans le cadre du PDE. La première à consisté à travailler avec Keolis, l'opérateur du réseau de transport public TBC. L'objectif : adapter les horaires et itinéraires de certaines lignes de bus.
 
Une nécessité au regard de la répartition des différents sites du CHU dans l'agglomération. En effet, certains sont positionnés dans le centre-ville de Bordeaux, tandis que d'autres sont  implantés en périphérie, voire au-delà de la rocade.
 
Autre frein à l'usage des transports en commun : les horaires décalés des agents hospitaliers. "Il fallait avoir une offre pour ceux qui commencent de très bonne heure ou finissent très tard", indique Cécile Saez, conseillère en mobilité au sein du CHU de Bordeaux.
 
5 parcs-relais ouverts la nuit
 
En sachant que le recours aux transports publics s'est accentué avec
le prolongement du réseau de tramway en 2015, "désormais, l'ensemble des sites du CHU est desservi par ce mode qui dispose d'une large amplitude de service", indique Cécile Saez.
 
La deuxième action inscrite au PDE a consisté à donner la possibilité aux salariés du CHU de se garer la nuit dans cinq parcs-relais. Cette expérimentation, menée depuis 2013, n'est cependant pas très concluante. "Très peu d'agents s'y garent. Mais c'est une solution de plus que nous mettons à leur disposition".
 
300 vélos de service
 
Parallèlement, le CHU a incité chacun de ses pôles médicaux à acquérir une flotte de vélos de service. Aujourd'hui, le CHU en compte près de 300 : des vélos à assistance électrique, des pliants, des classiques. "Nous avons même acheté des tricycles électriques pour le personnel chargé de transporter de la petite logistique". Cette volonté s'est accompagnée par l'installation de plus de 230 arceaux.
 
La prochaine étape consistera à donner des conseils personnalisés en déplacement. Cette action prendra tout son sens en 2016 avec le transfert de 300 agents du centre-ville vers un pôle de santé situé en périphérie. Ce qui occasionnera inexorablement une modification des habitudes de déplacements.
 
"Nous ne voulons pas voir les salariés basculer à nouveau vers la voiture ni briser l'élan vertueux dans lequel la majorité d'entre eux s'est engagée", précise la conseillère en mobilité.
 
Christine Cabiron