En difficulté dans le secteur aéronautique, Bombardier cherchait à valoriser son activité transport plus florissante. Après avoir envisagé plusieurs solutions dont une entrée en bourse, le constructeur canadien a finalement conclu un accord avec la Caisse de dépôt et placement du Québec qui est déjà actionnaire du groupe depuis de nombreuses années. CDPQ est un investisseur institutionnel de long terme qui gère des fonds provenant principalement de régimes de retraite et d’assurances publics et parapublics. La Caisse détient, notamment, 30% d'Eurostar depuis mi-2014 et est aussi actionnaire minoritaire de Keolis.

CDPQ acquiert, ainsi, 30 % de la nouvelle société BT Holdco qui détiendra tous les actifs du secteur d'activité transport de Bombardier. Montant de la transaction : 1,5 milliard de dollars US, ce qui valorise l'entreprise à 5 milliards. Cette transaction "renforcera la situation financière de Bombardier sans accroître sa dette. Les fonds qui seront reçus par BT Holdco dans le cadre de la transaction seront distribués à Bombardier qui prévoit d'employer ce produit aux fins générales de l'entreprise", explique le communiqué conjoint.

Une activité en croissance

Bombardier Transport, 39 700 employés dans le monde, a généré un chiffre d'affaires de 9,6 milliards de dollars US en 2014 (+9,7% par rapport à 2013) et affiche un carnet de commandes de 30 milliards. "Bombardier Transport est un chef de file mondial de l'industrie du transport sur rail avec un carnet de commandes robuste, des revenus prévisibles et un potentiel de croissance considérable", a commenté a dit Michael Sabia, président et chef de la direction de la Caisse.

Un instrument financier hybride

"Les incitatifs de performance puissants qui sont au cœur de cette transaction de même que le plan d'affaires pour améliorer l'exécution n'ont qu'un seul objectif : créer davantage de valeur dans Bombardier Transport, a expliqué Michael Sabia. L'instrument financier hybride créé pour cette transaction permet à nos déposants de tirer profit de l'amélioration de la performance de Bombardier Transport à la manière d'une action, tout en protégeant leur capital d'une façon comparable à une obligation. L'investissement est structuré de façon à générer des rendements dans les deux chiffres."

Une équipe bien en place

Le siège social opérationnel demeurera en Allemagne. La nouvelle société sera dirigée de façon indépendante par un nouveau conseil d'administration composé de sept membres, dont trois seront nommés par la Caisse. Actuel président et chef de la direction de Bombardier, Alain Bellemare présidera le conseil d'administration, tandis que Lutz Bertling, président de Bombardier Transport, continuera d'assumer ses fonctions.

Alors qu'
un mariage avec Alstom faisait partie des pistes étudiées par Bercy ces derniers jours, l'annonce de cet accord montre que le Canadien n'est pas prêt à céder ses activités transports à un groupe étranger.

Florence Guernalec