A contre-courant de certaines collectivités françaises qui réduisent leur offre de transport public, Chambéry agglomération (120 000 habitants) va augmenter la sienne de 2,5% en 2016. Cette décision, prise par la nouvelle équipe élue en mars 2014, vise à améliorer la performance des bus du réseau STAC.
 
"Quand nous sommes arrivés aux affaires, nous avons constaté que le réseau urbain avait un bon niveau de service, mais manquait de lisibilité avec une offre très fouillie", explique Josiane Beaud, vice-présidente de l'agglomération, en charge des déplacements.
 
Autres freins à la mobilité : un plan de circulation datant de 1977 rendant "compliqué" l'accès à ville en voiture et une quasi-absence de jalonnement pour les piétons et les cyclistes.
 
Aussi, dès l'été 2014, les nouveaux élus se sont attelés au travail pour définir les nouvelles orientations du plan de mobilité. Celles-ci ont été arrêtées en novembre 2015 pour une mise en œuvre prévue en septembre 2016.
 
Effort de productivité
 
Alors que le contrat confié à Transdev arrive à échéance fin 2017, les élus veulent profiter de la clause de revoyure pour modifier la donne. D'une part, pour améliorer l'offre de transport public ; d'autre part, pour redresser les principaux indicateurs économiques qui, selon Josiane Beaud, "ne sont pas bons".
 
Exception faite pour la fréquentation. En effet, en 2013 le réseau de Chambéry comptait 102 voyages par an et par habitant, alors que la moyenne des agglomérations de 100 000 à 250 000 s'établissait à 76. "En revanche, tous les chiffres concernant la production (nombre de km par salarié, taux de couverture, dépenses par voyageur et par km) sont en dessous de la moyenne établie par l'Union des transports publics et ferroviaires". 
 
En clair, le réseau coûte cher. "A Chambéry le nombre de kilomètres par salarié est de 19 168 tandis que la moyenne est à 22 028", constate l'élue. Quant au ratio recettes/dépenses, il s'établit à 18%, contre 21% en moyenne. D'où l'effort demandé à l'opérateur pour rectifier le tir. En échange de quoi, la collectivité financera une augmentation de l'offre. "Chacun doit faire des efforts", indique Josiane Beaud.
 
Les élus souhaitent également que l'opérateur de transport s'engage plus fortement en matière de qualité et de recettes commerciales. "Aujourd'hui, le contrat est une sorte de régie intéressée avec peu de malus imposé au transporteur. Notre objectif est de nous diriger vers une véritable délégation de service public forfaitaire". Autrement dit, un contrat qui responsabilise plus l'exploitant. "Le fait de ne fait pas avoir de bons indicateurs nous donne des marges de manœuvre et de progression".
 
Du plus lourd au plus léger
 
Pour cela, les élus souhaitent voir se mettre en place une offre de services hiérarchisée, partant du mode le plus lourd au plus léger. "Il est très important que les modes de déplacement soient complémentaires les uns des autres". Ainsi, le nouveau plan de mobilité devrait s'adosser aux TER, en particulier pour les trajets domicile-travail.
 
"Entre Aix-les-Bains et Chambéry aucun mode n'est plus performant que le train", rappelle la vice-présidente. Par ailleurs, l'agglo dispose d'une étoile ferroviaire qu'elle compte bien valoriser pour favoriser les déplacements périurbains. "Nous allons devoir discuter avec la SNCF, car cela nécessitera quelques ouvertures ou réouverture de haltes dans le PTU".
 
Parallèlement, le réseau urbain sera restructuré autour de quatre axes structurants, plaçant 80% de la population entre 250 et 400 mètres d'un arrêt de bus. Cette offre sera complétée par huit branches qui irrigueront le territoire. "Nous travaillons également à la création d'un transport à la demande à H-2 ".
 
Des TCSP "virtuels", deux câbles et un BHNS
 
Globalement, l'offre sera simplifiée. "Les 950 bus qui transitent chaque jour autour de la fontaine des éléphants seront "repoussés" sur le pourtour du centre ancien". Par ailleurs, des TCSP "virtuels" seront instaurés sur certaines voiries pour accroître la vitesse commerciale. Ce système consiste à débloquer la circulation quand les véhicules de transport en commun sont coincés dans une file de voiture. Et ce grâce à la régulation des feux tricolores.
 
A plus long terme, Chambéry métropole souhaite créer deux systèmes de transport par câble. L'un (2,5 kilomètres) pour connecter la gare à Chambéry-le-Haut ; le second (500 mètres) pour relier la préfecture au quartier de Bellevue. Deux projets représentant un investissement inférieur à 20 millions d'euros. 
 
Enfin, la collectivité prévoit également de construire une ligne de bus à haut niveau de service entre Chambéry et la zone d'activités de Technolac. Un axe de 12 kilomètres, dont la moitié devrait être en site protégé.
 
Christine Cabiron


Lire l'intégralité de cet article dans le prochain numéro de Transport Public à paraitre début décembre