C'était une promesse de campagne de Jérôme Baloge (Parti radical), élu maire de Niort en 2014 et président de la Communauté d'agglomération du Niortais. Au premier janvier 2017, l'ensemble des transports publics de cette agglomération de 45 communes et plus de 100 000 habitants seront gratuits. Il s'agira de la plus grande agglomération de France a adopter la gratuité avant la concrétisation en septembre 2018 du projet de Dunkerque.

Dans une interview à France Bleue Poitou le 28 octobre 2015, Jérôme Baloge explique que cette décision a été prise parce que "les bus ne tournent pas à plein et que les recettes ne couvrent que 10%" du coût total du réseau. Et l'élu de souligner que le transport est "une vraie réponse sociale" aux besoins des niortais : "Les demandes de tarification sociale explosent avec +12 à +15% cette année". Autre raison mise en avant, la lutte pour l'environnement : "On est à l'heure de la Cop 21. Dans toutes les grandes villes, dès qu'il y a un pic de pollution, les transports publics sont gratuits. La gratuité est une réponse claire aux problèmes environnementaux."

Cette mesure sera mise en place en 2017 pour une période expérimentale d'un an, mais visiblement pour le maire elle devrait perdurer : "A Vitré, un des pionniers de la gratuité en 2001, le passage à la gratuité avait été contesté, mais un an plus tard c'était l'unanimité pour la garder."


Changement d'opérateur

Ce passage à la gratuité se fera en même temps que le changement d'opérateur sur le réseau. La Semtan, Sem transport  qui gère actuellement le réseau avec la participation de Transdev, disparaîtra pour être remplacée par une pure délégation de service public (DSP). La Can va lancer dans les jours qui viennent un appel d'offres en ce sens. Pour Jérôme Baloge, "il ne s'agit pas de dégrader le service public, mais d'obtenir du futur délégataire le meilleur au coût le plus raisonnable."

Car pour l'élu, cette gratuité ne doit pas être supportée par l'impôt local : "je me suis engagé sur les bus gratuits, mais aussi sur le stop fiscal", précise-t-il. Aujourd'hui, le budget annuel du réseau est d'environ 17 millions d'euros dont 1,5 proviennent des recettes tarifaires. Il est donc couvert à hauteur de 90% par le versement transport, la taxe sur les salaires perçue sur les entreprises et les administrations du territoire de plus de 11 salariés.

La précédente majorité avait prévu d'augmenter le versement transport jusqu'au plafond maximum (1,8%) pour financer la construction d'une ligne de bus à haut niveau de service. Un projet abandonné par Jérôme Baloge.

Robert Viennet