La gratuité des transports scolaires. C'est notamment ce que les candidats PS aux régionales vont devoir proposer pendant leur campagne en plus de leurs engagements personnels, vient d'annoncer la direction du parti socialiste. S'y ajoute dans le domaine des transports, la mise en place de cartes uniques et régionales de transport permettant de se déplacer sur l'ensemble des réseaux interurbains et ferroviaire sur lesquels la région va avoir la compétence.

Si la seconde mesure est déjà en partie mise en oeuvre dans plusieurs régions avec la carte Korrigo en Bretagne, Oùra en Rhône-Alpes, ou Zou en Provence-Alpes-Côte d'azur, la seconde est plus inattendue. Elle ne viendrait pas de la direction du PS, mais de plusieurs chefs de file régionaux comme François Bonneau, le président sortant de la Région Centre -Val-de-Loire qui se représente ou Christophe Clergeau, candidat PS dans les Pays de la Loire qui en a fait une des mesures phare de son programme.

Trois milliards par an

Dans une interview au Point.fr du 19 octobre, Christophe Clergeau explique : "Cette mesure s'adresse en priorité aux familles, des petites villes et des villages dont les enfants sont scolarisés loin de chez eux et qui doivent en plus en payer le coût." Selon le candidat, dans les Pays de la Loire cette mesure concernerait 150 000 jeunes pour un coût moyen de 132 euros par an, et coûterait près de 20 millions d'euros. Pour François Bonneau en Centre -Val-de-Loire ce coût serait de 100 millions d'euros.

En France, le transport scolaire concerne deux millions de collégiens et de lycéens par jour et son coût annuel est estimé à plus de trois milliards d'euros dont deux sont à la charge des départements. Ces transports ont longtemps été gratuits ou quasiment gratuits pour les familles. Mais depuis 2010, un mouvement de retour sur cette gratuité s'est amorcé, et aujourd'hui une soixantaine de départements demandent une participation aux parents (de 5 à 50% du coût du service) alors que trente sont encore gratuits.

Simpification

En septembre 2017, les régions récupéreront la compétence sur les transports scolaires, en plus des transports interurbains dont elles vont hériter en janvier 2016 et des TER qu'elles gèrent déjà. Outre l'intérêt économique pour les familles, la gratuité des transports scolaires pourrait faciliter la tâche des futurs exécutifs régionaux dont une des priorités sera d'harmoniser les multiples politiques tarifaires dont ils vont hériter.

La future région Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées, par exemple, va récupérer les transports scolaires de 13 départements qui ont chacun leur politique en la matière. Et en Centre -Val-de-Loire
les tarifs varient entre 30 euros dans l'Indre, 60 euros dans le Cher, 132 euros dans le Loiret ou 150 en Eure-et-Loir.

Pas sûr que cette simplification par la gratuité soit bien accueillie par des opérateurs et des élus locaux en charge des transports qui, depuis plusieurs années, réclament une revalorisation tarifaire des transports publics.

 Robert Viennet