Ce marché porte sur la fourniture de 19 rames Citadis X05 de 44 mètres, le dernier-né de la gamme d'Alstom, sur les installations de recharge en énergie et des options d'achat pour 18 rames supplémentaires afin de couvrir les besoins d'exploitation de la ligne Ouets-Est, mais également du prolongement de celle-ci (ligne 3) dans la plaine du Var. Le montant du marché pour la tranche ferme de 19 rames et sa solution de rechargement par le sol est évalué à 91 millions d'euros.

Pour Alstom, ce contrat est très important à deux titres. D'abord, il intervient à un moment où le marché français du tramway, désormais mature, est moins porteur qu'il ne l'a été. La plupart des grandes agglomérations françaises sont désormais dotées d'une ou plusieurs lignes de tramway. Certaines ont encore en projet des prolongements de lignes et d'autres, plus rares, la création de nouvelles, mais les carnets de commandes se réduisent.

Marché de renouvellement

Alors, en attendant que le marché de renouvellement des matériels qui arrivent en fin de vie (Nantes a lancé sa première ligne en 1985, Grenoble en 1987…) boostent la demande, le marché niçois est une bonne nouvelle pour les sept sites français d'Alstom Transport qui vont participer à leur construction : La Rochelle pour la conception et l’assemblage des rames ; Le Creusot pour les bogies ; Ornans pour les moteurs ; Tarbes pour les chaînes de traction ; Villeurbanne pour l’informatique embarquée et l’information voyageurs ; Vitrolles pour la solution de recharge statique par le sol et Saint-Ouen pour le design.

Autre satisfaction, la commande de Nice va permettre au constructeur de déployer plusieurs innovations technologiques récentes comme le système SRS, présenté lors du récent congrès UITP de Milan. Le SRS est une nouvelle solution de recharge statique par le sol qui permet de charger les packs de batteries "Citadis Ecopack" lorsque la rame est à l'arrêt en station, en moins de 20 secondes. Une fois rechargées, le tramway repart en autonomie jusqu'au prochain arrêt où l'opération se renouvelle. Le principe de rechargement est le même que la captation par le sol qu'Alstom propose depuis plusieurs années et qu'il a déployée pour une ligne entière à Dubai. Seule différence, ce rail de captation n'est installé qu'aux arrêts. 

Un tramway qui biberonne

A Nice, toute la partie en surface des 11,3 kilomètres de cette ligne sera équipée de SRS. Seuls les 3 kilomètres en souterrain seront dotés de caténaires et d'une ligne aérienne de contact (LAC). "Cette demande d'autonomie était dans le cahier des charges de la ville de Nice. Cela nous a incités à faire preuve d'innovation", se réjouit Jacques Beltran, directeur commercial France d'Alstom Transport. Une innovation qui peut aussi se décliner dans le domaine des autobus, assure Jacques Beltran qui ne veut pas en dire plus sur les contacts qu'il a avec des constructeurs de bus.
 
Nice sera également l'un des premiers réseaux français (après Avignon si le projet est mené à bien dans les temps) à bénéficier de la nouvelle génération de tramway Citadis, le X05. Des rames plus capacitaire (10% de places supplémentaires), plus économes en énergie (-30%) et en maintenance (-20%) et permettant un meilleur taux d'échange en station (de l'ordre de 20%) grâce à des doubles portes sur toute sa longueur.

Christian Estrosi, président de la métropole Nice Côte d'Azur a indiqué qu'il lancerait "dans les mois à venir (…) une consultation publique pour déterminer le choix final du design des rames." 

La livraison des première rames est prévue à l'été 2017 pour une mise en service en 2018 sur la ligne Ouest-Est.

Robert Viennet