Le décret issu de la loi sur la transition énergétique, concernant les bus à faibles émissions et dont la publication est imminente ne les évoque pas. Il ne parle que de bus au gaz naturel, hybrides ou 100% électriques. Pourtant, les bus à hydrogène sur lesquels des constructeurs comme Daimler, maison mère de Mercedes, portaient beaucoup d'espoir au début des années 2000, existent toujours. 

Mieux, ils circulent sans faire de bruit - au sens propre comme au figuré - un peu partout en Europe dans le cadre du projet européen de recherche Chic (Clean Hydrogen in European Cities) qui regroupe sept villes expérimentant une quarantaine de bus à hydrogène. 

Parmi les partenaires les plus actifs de ce programme, CarPostal Suisse, le principal opérateur de transport public du pays, qui fait circuler depuis 2011 cinq bus standard (12 mètres) construits par Mercedes, sur son réseau de Brugg dans le canton d'Argovie. Et qui les alimente grâce à la première station de production d'hydrogène construite en Suisse. 

100 kg d'hydrogène par jour

Cette station produit 100 kilos d'hydrogène par jour. La fabrication se fait via un électrolyseur, qui produit de l’hydrogène à partir d’eau et de courant électrique. Lorsque le courant traverse l’eau, ces deux éléments, l’oxygène et l’hydrogène, se séparent. 

"L'électricité qui alimente cette unité de production est d'origine hydraulique solaire ou éolienne donc 100% verte", affirme-t-on chez CarPostal. Une fois produit, cet hydrogène est chargé dans les réservoirs des bus grâce à deux compresseurs qui condensent l’hydrogène à 410 bars au minimum. Le "plein" des bus est effectué en une dizaine de minutes, à peine plus que pour le gazole. Il confère aux véhicules une autonomie de près de 400 kilomètres largement suffisante pour le quotidien des bus d'un réseau urbain.

Aucune émission de polluants

Equipés d'une pile à combustible qui transforme l'hydrogène en électricité, ces bus n'émettent aucun polluant. Ils ne rejettent que de l'eau. L'alimentation en électricité est complétée par un système de récupération de l'énergie au freinage.

Ce sont ces "bus verts" que CarPostal France va présenter successivement dans quatre de ses réseaux urbains et à Belfort exploité en régie. Le roadshow débutera lundi 12 octobre par une première étape à Belfort, puis le 13 octobre à Dôle, le 14 à Bourg-en-Bresse, le 15 à Grenoble et enfin le vendredi 16 octobre à Salon-de-Provence. Au programme, la présentation en situation du véhicule, mais aussi plusieurs interventions de spécialistes qui permettront de faire le bilan des bus à hydrogène après de quatre ans d'expérimentation.

CarPostal France qui poursuit, là aussi sans bruit, son développement en France a remporté en septembre 2015 l'exploitation du réseau de Sète, portant à neuf le nombre de réseaux urbains qu'elle opère. Ils sont tous situés dans le Grand-Est et tous dans des agglomérations de moins de 120 000 habitants. S'y ajoutent plusieurs lignes départementales et scolaires dans les mêmes territoires : Hérault, Isère, Jura, Loire et Saône-et-Loire.

Ce roadshow sera l'occasion pour CarPostal France de démontrer que même les villes intermédiaires peuvent bénéficier de ces innovations qui feront les transports de demain.

Robert Viennet