Avec 80 000 voyageurs par jour et 700 trains en circulation, la région PACA figure en troisième position en matière de fréquentation sur les lignes TER. Pourtant, ces transports express régionaux sont bien mal en point, voire au fond du gouffre. Une association, "Les naufragés du TER" s'est même créée pour dénoncer ses dérives quotidiennes.
Depuis 2007, la qualité de service s'est fortement dégradée avec un taux de ponctualité oscillant entre 87 et 91%. Sans compter les trains supprimés (hors cause externe contractuelle et conflits sociaux) et ceux annulés pour défaut de production. Il y en a eu jusqu'à 9,9% en 2007 et 8,59% en 2010. Bien au delà du taux de tolérance inscrit au contrat d'exploitation : 2,1%.

"La qualité de l'offre de transport est plus que mauvaise", note Jean-Yves Petit, vice-président régional en charge des transports et de l'écomobilité. Ce qui a contraint l'autorité organisatrice à taper du poing sur la table. Dès 2008, elle décidait de doubler les pénalités pour les km/trains supprimés et d'accroître la responsabilité financière de la SNCF.

 
Plan de redressement "PrioriT"

Pour comprendre cette crise qui affecte les TER provençaux, la SNCF a réalisé un audit interne au premier semestre 2010. Il a mis en lumière plusieurs motifs de dysfonctionnement chroniques qui relèvent pour partie des prérogatives du transporteur (dialogue social, adéquation entre charges et ressources, défaut d'information, organisation de la production...), pour partie de moyens matériels inadéquats et enfin de difficultés liées à la fiabilité et à la saturation des infrastructures.

Cet état des lieux a défini plus de 250 actions à mettre en œuvre pour redresser la barre dans un plan baptisé PrioriT. Elles portent entre autres sur l'information et la prise en charge des voyageurs en situation perturbée, la gestion des aléas et le traitement des crises, la maintenance et les travaux sur l'infrastructure, l'exploitation, l'entretien du matériel roulant.

Ces mesures visent à rétablir d'ici à octobre 2011 le niveau de qualité de service figurant au contrat d'exploitation en cours (2007-2006). A savoir : atteindre un taux de ponctualité de 92,4% fin 2011 et limiter les suppressions de trains à 3,5%.


Pénalités conséquentes

Si ces objectifs ne sont pas atteints, la SNCF sera sanctionnée. Pour la ponctualité, le malus trimestriel sera de 800 000 euros si le résultat est strictement inférieur à l'objectif moins 0,5 point. Cette pénalité sera de 530 000 euros si le résultat est supérieur ou égal à l'objectif.

Concernant la suppression des trains, il en coûtera 250 000 euros à la SNCF si les résultats trimestriels se situent entre 95 et 100%. Montant qui passera à 530 000 euros s'ils sont compris entre 90 et 95%. En deçà de 90%, le malus s'élèvera à 800 000 euros. Dans ce protocole, la SNCF a accepté de contribuer de manière exceptionnelle à hauteur de 2,25 millions d'euros au plan pluriannuel d'investissement, portant sur le programme de rénovation des locomotives.
PrioriT intègre également un accord à plus long terme pour inscrire ce rétablissement dans la durée et dépasser les objectifs de qualité. Notamment en prévision du cadencement programmé pour 2012.

Christine Cabiron