L'Union des transports publics et ferroviaires (UTP) tire la sonnette d'alarme. "La dégradation de la recette par voyage est continue depuis le début des années 2000. Elle incombe à un rythme de progression des recettes systématiquement inférieur à celui du trafic", explique l'UTP dans une note. L'organisation professionnelle a calculé que la recette par voyage dans le transport urbain baisse, en moyenne, de 1,5% par an depuis 2004, à 0,47 euro en 2014. Un recul qui concerne tous les réseaux, quelle que soit leur taille.  
 
Autre constat de l'UTP, les tarifs des titres payants ont tiré la recette par voyage par le bas. La gratuité dans le transport urbain n'est pas en cause, car elle concerne seulement 12,1 % des voyages en 2014 contre 16,1% dix ans plus tôt. Ainsi, le prix moyen du titre unitaire a baissé de 0,4% en euros constants entre 2004 et 2014 ; celui de l'abonnement mensuel de 0,2%. Dans le même temps, les réseaux ont investi dans l'attractivité de l'offre : accroissement des fréquences et des amplitudes horaires, mise en place de transports en site propre, déploiement de l'information voyageurs...

Un phénomène qui s'est accentué en 2014
 
De plus, l'UTP constate que le décalage structurel entre la progression du trafic et des recettes dans le transport urbain s'est accentué en 2014. L'organisation professionnelle avance trois raisons :
- les élections municipales qui ont décalé les hausses tarifaires ;
- la persistance de la crise économique qui a orienté une partie de la clientèle vers des tarifications spécifiques;
- la hausse de la TVA qui n'a pas "pratiquement jamais" été répercutée sur les tarifs
 
Un modèle économique fragilisé

Pour l'UTP, cette situation "représente une menace pour la pérennité de l'offre de service public de transport urbain, en quantité et en qualité". Une menace devenue réalité dans plusieurs réseaux comme Valenciennes, Nîmes ou encore Aix-les-Bains qui ont baissé leur offre kilométrique. Un phénomène général qui a entraîné un tassement du trafic en 2015, selon les chiffres des cinq premiers mois de l'année révélés par l'UTP lors des Rencontres nationales du transport public. Au final, c'est l'attractivité des transports qui est menacée.
 
L'UTP explique que les usagers sont pourtant prêts à payer davantage pour leur mobilité : "la montée en gamme  des services, quand elle correspond aux attentes des clientèles, leur fait admettre une hausse des prix. D'autant que les grilles tarifaires telles qu'elles sont proposées actuellement offrent à tout un chacun la possibilité de voyager selon ses besoins et ses moyens". 
 
Florence Guernalec