En 2009, et malgré la crise, Réseau Ferré de France a enregistré un bénéfice net de 304 millions d'euros. Une première pour le gestionnaire du rail qui nous avait plutôt habitué aux déficits.
Difficile toutefois de comparer ces résultats avec ceux de 2008 (11,9 milliards d'euros) car ils avaient alors été dopés par une réforme du système comptable de RFF "dont les ccomptes ressemblent aujourd'hui à une vraie entreprise", relève Hubert du Mesnil, son président.

Le chiffre d'affaires est en progression de 6% (3,28 milliards), mais légèrement en deça des prévisions. En cause, l'effondrement de l'activité fret qui accuse un recul de 27%  en 2009. C'est le trafic voyageurs (+ 1% sur les TGV, + 1% sur les TER, +4% sur les Transiliens) qui a permis à RFF de résister à la crise.


Avec quel argent financer la rénovation du réseau ?


Ce CA est insuffisant pour assurer correctement l'exploitation et l'entretien du réseau : son "coût économique est estimé à 6,2 milliards, les subventions de l'Etat (2,3 milliards) ne suffisent pas", souligne Hubert du Mesnil.
Et le paiement des intérêts de la dette (1,1 milliard d'euros pour une dette de 278 milliards, malgré les taux d'intérêt bas) syphonne les capactés d'investissement de RFF pour rénover les voies. En 2009, le gestionnaire des infrastructures ferroviaires a toutefois rénové 995 km de voies, conformément au contrat de performance signé avec l'Etat pour la période 2008-2012.

Un autre contrat lie RFF avec la SNCF, cette fois, pour la maintenance du réseau. Cette convention doit être renouvelée en 2010, mais la SNCF estime que le contrat actuel lui a fait perdre 1 milliard d'euros en quatre ans, selon nos confrères des Echos. Pour Hubert du Mesnil, la SNCF n'investit pas assez dans la mainenance du réseau, d'où la mauvaise qualité de certaines portions qui ne permet pas de faire rouler suffisamment de trains donc, d'engranger des recettes, et donc d'investir pour rénover.
"Il faut sortir de ce cercle vicieux", prétend le patron de RFF qui juge qu"il n'y a pas asez de trains sur le réseau français". Pourtant, le réseau semble saturé.


L'épineuse question du prix des péages

Autre pomme de discorde entre RFF et la SNCF : le prix des péages imposé par RFF que la compagnie ferroviaire nationale juge trop élevé. Selon elle, ces péages augmentent de 940 millions en cinq ans pour la circulation des TGV. "Les redevances ne couvrent pas le coût du réseau", affirme Hubert du Mesnil.

L'arrivée prochaine de l'Autorité de régulation ferroviaire, sorte de gendarme du rail, permettra peut-être de définir le juste prix des sillons par rapport aux coûts d'entretien et de rénovation, et en comparaison avec les autres pays européens.