Des transports publics qui sont "une réponse aux enjeux de notre temps", "facteur de lien social" et de "cohésion territoriale" et même "facteur de développement". Autant de phrases extraites du discours de Manuel Valls qui sont allées droit au cœur des congressistes réunis à Lyon pour les 25e Rencontres nationales du transport public. 

Il est vrai que la visite d'un Premier ministre était une grande première pour la profession. "J'ai bien noté que vous aspiriez à une co-décision entre l'État et les autorités organisatrices dans le domaine des transports. Ma présence parmi vous est la preuve de notre volonté de travailler en commun", a-t'il déclaré en réponse aux inquiétudes exprimées la veille par Jean-Pierre Farandou sur "les mesures unilatérales [prises par le gouvernement] au détriment des transports publics."

Un VT "intégralement compensé"

Mais si les collectivités locales, les opérateurs et les industriels étaient flattés de ce coup de projecteur porté sur leur filière, ils attendaient quelques annonces plus concrètes. Il y en eu peu. Comme nous l'écrivions dans un précédent article, Manuel Valls a confirmé "que le manque à gagner" du relèvement du seuil de perception du versement transport de 9 à 11 salariés, "sera intégralement compensé par l'État."

Une problématique financière qui était au cœur des débats de ces Rencontres et dont "le gouvernement est déterminé à prendre sa part" a déclaré le Premier ministre en citant les contrats de plan État-région et les 6,7 milliards qu'il apporte sur la période 2015-2020 et les 450 millions du troisième appel à projets mobilité durable annoncé en décembre 2014.

 Pour Manuel Valls, "la contrainte financière ira grandissant, et nous devons dès aujourd'hui réfléchir à des solutions. Il faudra innover, gagner des parts de marché. Il faudra que les utilisateurs payent le juste prix  et que, bien sûr, ils payent leur ticket." Une référence à la luttte contre la fraude pour laquelle "Bernard Cazeneuve et Alain Vidalies ont proposé des évolutions législatives et réglementaires qui permettront aux opérateurs de mieux lutter contre ce phénomène."

GPSO décidé ou pas ?

Enfin, s'il n'a pas dit un mot sur la TVA à 5,5% pour les transports publics, qui semble définitivement enterrée malgré les demandes incessantes de la profession, Manuel Valls a confirmé que "les régions bénéficieront de ressources nouvelles" pour assurer les nouvelles missions qui leur ont été confiées par le transfert des transports interurbains et scolaires.

Concernant la LGV au sud de Bordeaux (GPSO) que le gouvernement souhaite poursuivre malgré l'avis défavorable de la commission d'enquête publique, Manuel Valls a indiqué qu'il allait "saisir le conseil d'État pour connaÎtre son avis sur le projet de déclaration d'utilité publique." Curieusement le discours écrit distribué à la presse comporte la phrase, "Contrairement à ce que disent certains commentaires, le projet n'est pas décidé", que Manuel Valls n'a pas prononcée.

Robert Viennet