Jean Pierre Farandou, président de l'Union des transports publics et ferroviaires (UTP) et Louis Nègre, président du Groupement des autorités responsables de transport (Gart) ont rappelé "les mauvaises nouvelles qui se sont succédées ces derniers mois". La hausse de la TVA qui n'a pas été comprise alors que "le transport public est un service de première nécessité". Le relèvement du seuil de perception du versement transport "qui pourrait amputer de plusieurs centaines de millions d'euros" la principale source de financement du secteur. S'y ajoute l'effort d'économie "sans précédent" demandé aux collectivités locales de 11 milliards d'euros sur trois ans qui réduit "mécaniquement leur capacité d'investissement de 20% et qui a un impact négatif sur l'emploi." 

Ou bien encore, l'ouverture à la concurrence des lignes régulières par autocar "inquiétante pour la soutenabilité du modèle ferroviaire français (…) Sans parler du parcours de combattant que nous impose certains services de l'État dans la mise en oeuvre de la gestion décentralisée du stationnement."

"Ces tendances de fond interrogent à l'aube de la Cop 21 : veut-on vraiment plus de marchandises sur les camions ? Veut-on vraiment plus de voiture dans nos villes ?", a lancé Jean Pierre Farandou regrettant que "les actes ne sont pas toujours en ligne avec les paroles". Le président de l'UTP souhaite que "les pouvoirs publics systématisent les études d'impact sur les décisions qu'ils prennent."

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La visite de Manuel Valls, attendu jeudi 1er octobre à ces Rencontres, "montre toute l'importance pour la France que revêt notre secteur" s'est toutefois réjoui Louis Nègre. Selon nos informations, le Premier ministre pourrait annoncer le mécanisme de compensation de la baisse du VT pour les collectivités. Pour le reste, élus et opérateurs devront à l'évidence faire avec cette conjoncture difficile. C'est d'ailleurs le thème de ces Rencontres.
 
Pour Jean-Pierre Farandou, "Chaque acteur du secteur, chaque partie prenante est placée devant ses responsabilités". Les opérateurs "doivent encore et toujours produire mieux et moins cher". De leur côté, "les collectivités doivent endiguer la baisse inexorable du ratio recettes commerciales sur dépenses, qui a perdu 20 points en dix ans" (de 50 à 30%). La vitesse commerciale des bus qui est un élément important de l'attractivité des réseaux doit être améliorée : "Plus de recettes et moins de coûts, le cercle vertueux est engagé", a déclaré Jean-Pierre Farandou.

Autres acteurs importants qui peuvent aider le secteur à sortir de l'ornière, "les pouvoirs publics qui ont un rôle à jouer dans la lutte contre la fraude grâce à l'arsenal juridique" et les citoyens "que l'on doit inciter à utiliser les transports publics".

De son coté, Bernard Soulage, président du GIE Objectif transport public, organisateur de ces Rencontres, espère que le transport public "qui n'émet que 1% des émissions des gazs a effet de serre alors qu'il représente 10% de part de marché", sera au centre des préoccupations de la Cop 21 qui se déroulera dans deux mois à Paris. "Nous ne parlons pas assez du rôle majeur du transport public" a-t-il conclu.

Manuel Valls le fera peut-être.

Robert Viennet